La main des sourds

À Pont-à-Marcq, une classe pour jeunes sourds vit à plein au rythme de l’école

Les sept jeunes du CRESDA avec Mme Chesnais, MM. Doutement et De Berny: tous ont le sourire !

Sept déficients auditifs du CRESDA de Pont-à-Marcq, âgés de neuf à douze ans, ont leur classe à eux au sein de l’école communale. Pas un ajout quelconque, mais une intégration réussie pources jeunes handicapés qui participent pleinement à toutes les activités avec les autres enfants.

La cour de l’école de Pont-à-Marcq à l’heure de la récréation : le grand défoulement chez les enfants. Normal. Mais, parmi eux, sept viennent du Centre régional d’éducation spécialisé pour enfants déficients auditifs, le CRESDA, et ne tardent pas à rejoindre calmement la salle de classe « externée », comme dit Sylviane Chesnais, la directrice pédagogique du centre, qu’ils ont investie depuis la rentrée et où ils travaillent avec un éducateur spécialisé, Bernard Doutement. « Il y a six filles et un garçon, âgés de neuf à douze ans et, en plus avec une surdité qui peut être forte ils souffrent de troubles physiques ils ont une santé fragile et ont un retard scolaire de deux ou trois ans », détaille la directrice pédagogique qui, avec le responsable du CRESDA, Philippe De Berny, a mis environ six mois pour relever ce défi. Les deux responsables rappellent d’ailleurs qu’ils ont travaillé dans un contexte très favorable : les liens avec la municipalité étant au beau fixe avec, par exemple, l’accueil des centres de loisirs estivaux au CRESDA ou la participation de quelques déficients auditifs aux classes de découverte organisées par l’établissement scolaire que dirige Philippe Matton. « L’avis des autorités de tutelle a, également, été très favorable, enchaîne Sylviane Chesnais. C’est vrai que l’image du handicap n’est pas toujours facilement acceptée. Alors il faut que ça se prépare ! » Et, à Pont-à-Marcq, ça fonctionne : « Ils ont leur classe à eux, mais ils partagent tout le reste avec les autres écoliers. D’ailleurs, ils partiront, avec eux, en classe de neige. » Pour la responsable pédagogique, le but de cette intégration est simple : « Ils ont des difficultés et ont besoin d’être remis sur de bons rails. Il faut les rassurer, leur donner leur chance. » Sans que cela semble provoquer de difficultés majeures : « Les petits dérapages sont inévitables, mais ils sont très fiers et ça les responsabilise. Ici, les exigences sont plus fortes. Par exemple, il ne s’agit pas d’appeler les gens par leur prénom comme au centre, mais il faut dire Monsieur ou Madame… » À un an et demi de la retraite, Bernard Doutement, éducateur spécialisé, est ravi, lui qui parle « d’une nouvelle aventure » et dont la foi dans les valeurs de l’intégration est intacte. « Ça passe par l’école et, ici, on a un accueil extraordinaire, s’émerveille-t-il.

On ne fait aucune différence avec les autres, ils sont considérés comme Pont-à-Marcquois. Tout est partagé, on a commencé par le sport et le reste a suivi. Les gamins participent ainsi aux deux projets d’école, l’un sur la création d’un jardin, l’autre sur une étude de tableaux. Ils sont comme les autres à la récré, vont à la piscine… » « Pour nous, au CRESDA, c’est une première, enchaîne Philippe De Berny.

Ce qui est original et innovant, c’est que c’est une classe qui vit au rythme normal de l’école sauf le mercredi. » Actuellement, l’accueil de déficients auditifs, jusqu’à l’âge de douze, treize ans, a été fixé à dix à l’école Philippe-Laurent-Rolland. Et au-delà ? « L’avenir dépendra des capacités d’accueil, ne cache pas le directeur du centre. Pour les plus âgés, on pourrait envisager une collaboration avec le collège, mais le fonctionnement y est totalement différent et on n’y voit pas encore très clair… » D’autant qu’au sein de leur établissement spécialisé, les pré-adolescents qui souffrent de troubles auditifs, suivent, ensuite, les cours de différentes sections professionnelles qualifiantes pour préparer un CAP, dans des domaines aussi divers que la restauration, la petite enfance, le second oeuvre en bâtiment, l’horticulture, etc.

Intégration réussie donc ? La preuve : au sein de l’école pont-à-marcquoise, un atelier de communication gestuelle a été mis en place, après le déjeuner, pour les malentendants. Et bien, des enfants non handicapés ont décidé de s’y inscrire. « Ici, tout est vraiment partagé », conclut sobrement Bernard Doutement.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 22 Janvier 2012 à Pont-à-Marcq

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