Delphine joue du sifflet

Comme en 2010, ils seront deux sur les 138 signaleurs à être sourds. Tout sauf un handicap quand on a la passion et l’énergie. A l’instar de Delphine Roch.

Dimanche, Delphine délaissera pendant quelques heures ses chevaux pour s’occuper des coureurs.

Soyons clairs, la course à pied, ce n’est franchement son truc à Delphine. « Ah non ! »s’exclame-t-elle quand on lui demande si elle-même court. Elle préfère laisser cela à quelques amis et à tous ces « courageux » qui étrenneront, dimanche, le nouveau parcours des 10 et 20 km de Tours.
Non, sa passion à elle, ce sont les chevaux. Elle en a trois, Parco et Titan, qu’elle monte en compétition, et puis Baltimor, heureux selle français qui coule une paisible retraite dans la verte campagne de Lublé. Compétitrice, elle a même déjà participé à des championnats de France.
Agée de 23 ans, Delphine Roch n’est donc pas du genre casanière. Employée au service des espaces verts et voirie de Château-la-Valière, la demoiselle a appris à vivre avec son handicap. Sourde depuis l’enfance, elle lit sur les lèvres de ses interlocuteurs et sait se faire comprendre. Le partage, avec elle, va bien au-delà des mots.
Alors, c’est tout naturellement que l’an dernier Delphine a décidé de suivre un de ses amis, Fabrice Kerouas, sourd comme elle et signaleur sur les 10 et 20 km de Tours. « Je voulais encourager les coureurs, surtout que j’avais des amis en course. Et comme cela s’est super bien passé la première fois, j’ai voulu recommencer. L’ambiance est très conviviale. Il y a le café et les croissants au briefing et la paella à la fin, et puis, on a même des cadeaux ! »
Dimanche, elle sera de nouveau fidèle au poste. Où, elle ne le sait pas encore. Mais avec « un gilet jaune, un panneau sens interdit et un sifflet… et un petit ravitaillement ! »Soit le kit du parfait signaleur. Comme les 137 autres, elle aura une rue à elle. « Une rue pas trop passagère, pour que ce ne soit pas trop difficile à garder », précise-t-elle même si l’an passé elle n’a eu aucune mésaventure. « J’ai juste eu une voiture qui voulait passer. Je lui ai expliqué que ce n’était vraiment pas possible et puis un autre signaleur, de la rue d’à côté, est aussi venu. Mais cela s’est bien passé. »
On aurait parié. Qui oserait en effet ne pas obéir à Delphine, son sourire… et son sifflet ?

à savoir

138, c’est le nombre de signaleurs nécessaires pour garantir la pleine sécurité sur le circuit. L’organisation en a une dizaine de plus pour parer aux défections de dernières minutes.
7 h 15, c’est l’heure à laquelle les signaleurs sont appelés pour le briefing d’avant-course.
Fidélité, c’est le maître mot des signaleurs des 10 et 20 km de Tours. La plupart, amateurs de sport et souvent retraités, viennent et reviennent chaque année. Ils sont même quelques-uns à remplir cette fonction depuis la première édition. Une bonne dizaine sera toutefois novice.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 23 Septembre 2011 à Château-la-Valière

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