Les élèves sourds salués par le recteur d’académie

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Léa ne quitte pas son interprète des yeux. Au milieu de trente camarades de la 1re ES du lycée Gérard-de-Nerval, à Noisiel, cette élève sourde tente de suivre le cours de mathématiques, sous les yeux de William Marois, le recteur de l’académie de Créteil, en visite dans l’établissement à l’occasion de la Journée nationale du handicap dans les établissements scolaires.

Assise au premier rang, elle scrute une traductrice, qui retranscrit le cours en langue des signes. « Il s’agit d’appliquer la loi de 2005 qui préconise l’intégration des jeunes handicapés dans des milieux scolaires ordinaires, plutôt que dans des établissements spécialisés, résume William Marois. L’académie compte 117 unités locales pour l’inclusion scolaire (Ulis), des dispositifs dédiés à l’accessibilité pédagogique pour les handicapés dans les établissements du second degré. »
Par ailleurs, le lycée Gérard-de-Nerval travaille en partenariat avec le centre Laurent-Clerc, qui fournit à tout le Nord seine-et-marnais le personnel éducatif adapté aux déficients auditifs, notamment des interprètes, des médiateurs ou des psychologues. 75 élèves font appel à ce service sur le nord de la Seine-et-Marne, et environ 130 pour le département.
L’établissement compte 5 enfants souffrant de surdité, sur environ 650 pensionnaires. Tous sont intégrés dans des classes ordinaires. « Il n’y a que pour les cours d’anglais qu’ils sont pris à part par un professeur, car dans une classe dite normale, l’essentiel du travail se fait à l’oral, ce qui est évidemment impossible pour eux », précise Bernard Menault, le proviseur. « Certains d’entre eux sont très volontaires, comme Léa, qui cumule même un déficit visuel avec son handicap auditif. C’est plus difficile avec d’autres, qui utilisent leur handicap pour lâcher prise… Ils sont souvent absents, ajoute la conseillère principale d’éducation (CPE). Mais l’adaptation au système scolaire n’est pas facile pour eux et la fatigabilité est plus importante aussi, poursuit Bernard Menault. Car malgré la présence de traducteurs en langue des signes, c’est un peu comme s’ils suivaient les cours dans une langue étrangère. »

Source : http://www.leparisien.fr © 3 Décembre 2011 à Paris

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