Sortir les malentendants de leur bulle

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Akama, le centre de l’église luthérienne spécialisé pour les malentendants, se trouve à la cité des 67 ha centre
La complexité chez les malentendants ne leur permet pas de se développer. Les parents eux-mêmes en sont parfois à l’origine.
Ne pas enfermer les malentendants dans leur petit monde. Les enfants qui n’ont aucune complexité de leur handicap sont plus développés que les autres. Ce constat a été effectué par Rivo Henintsoa Andriamampianina, responsable pédagogique auprès de Akama, un centre luthérien spécialisé pour les malentendants. Exerçant le métier d’éducateur depuis près de 20 ans, il a remarqué que « les malentendants complexés ont un développement psychologique moins élevé que ceux qui osent s’affirmer ». Mais les parents ne sont pas toujours innocents dans ce cloisonnement de leur enfant. « Ce sont parfois les parents eux-mêmes qui sont complexés de l’handicap de leur enfant. Ce dernier est ainsi enfermé et son contact avec l’extérieur est limité », indique Rivo Henintsoa.Or, contrairement à ce que les parents pensent, la société peut être d’une grande aide pour l’enfant. L’éducateur explique que celle-ci peut l’aider même à travers des signes de main. En effet, la grande majorité des Malgaches ne maîtrisent pas la langue des signes. Mais, si auparavant, ce moyen de communication est surtout limité à l’école, de particuliers sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser. «J’ai toujours trouvé fascinant le fait qu’on puisse se communiquer uniquement avec les mains. Mais avec le centre à côté, il m’arrive aussi de croiser des sourds et des fois, j’ai envie de discuter avec eux. C’est pourquoi je m’exerce peu à peu », avance Mbolatiana, une adolescente qui habite 67 ha.

Marginalisés

En effet, la question de communication constitue la raison principale de la complexité des malentendants. Pour la maîtriser, il faut beaucoup de patience et de volonté. Les éducateurs auprès de Akama suivent, par exemple, une formation de deux ans avant de la maîtriser.

Actuellement, le centre compte au total 40 éducateurs pour 150 élèves. « Nous avons de la formation professionnelle et de la formation générale jusqu’en terminale », rapporte le responsable pédagogique du centre. Mais malgré la formation dont ils bénéficient, les malentendants ont la plupart du temps des problèmes pour trouver du travail.

« S’il y a deux personnes qui postulent, l’une n’a pas d’handicap et l’autre sourde, le recruteur choisira la première même si la seconde a une capacité intellectuelle largement plus élevée. Mais bien sûr, c’est un problème rencontré par les handicapés en général », évoque amèrement Rivo Henintsoa Andriamampianina. Or « si on leur donne la chance, ils arrivent à travailler aussi bien que les autres. Tel est, par exemple, le cas d’un malentendant à Besarety. Il a bénéficié d’une formation en informatique chez nous et ses parents lui ont ouvert un cyber. Aujourd’hui il en est le gérant », raconte fièrement l’éducateur.

Des prothèses auditives pour les malentendants

Des milliers de personnes avaient bénéficié des appareils auditifs durant trois jours, samedi et lundi, au Gymnase de Mahamasina. Cette distribution a été réalisée grâce à la Fondation Starkey Hearning, Rotary club d’Antananarivo 9220, la société VIMA et d’autres partenaires.

Source : http://www.lexpressmada.com © 4 Novembre 2011 à Madagascar

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