La main des sourds

Patricia : deux mains et un coeur pour « réunir les deux mondes »

Patricia a d'abord appris le langage des signes pour communiquer avec les sourds, ensuite pour les aider à être mieux compris.

Patricia Mazoyer a appris à 27 ans qu’elle avait des problèmes auditifs. Depuis, formée au langage des signes français, elle multiplie les performances pour sensibiliser à ce « handicap invisible ». Hier, à la salle Baras, les jeunes Liévinois ont découvert ces difficultés. «

J’ai un peu tout le kit », sourit à moitié Patricia Mazoyer lorsqu’elle évoque ses problèmes auditifs. Longtemps et encore, la Lyonnaise a souffert de cette mauvaise audition : une blague qui devient embarrassante parce que l’on tarde à comprendre, un trajet en avion -même court- qui se transforme en calvaire et devient impossible, une simple leçon de classe qui ressemble à du Chinois…« Je suis partiellement sourde depuis les années 1970 mais à l’époque, à l’école, on ne testait que les yeux » introduit celle qui ne se rendra compte de cette infirmité que des années plus tard, à la trentaine. « C’était très handicapant pour les cours et la confiance en soi, je me sentais larguée. »

Un handicap invisible mais douloureux

Si Patricia en souffre encore, bien que son audition soit désormais partiellement restaurée suite à une série d’opérations, elle en a fait un combat.

Elle apprend la langue des signes française à Paris et décide de travailler pour et avec les sourds : « Quand je parle la langue des signes, c’est une joie qui vient des tripes. » Mais pas seulement. Elle se veut avant tout une « passerelle entre les deux mondes ». Depuis 2000 et la création de la compagnie de la Main tatouée, dans les musées, bibliothèques, théâtres et écoles, elle navigue entre les deux, pour les réunir.

Hier, c’est dans cette optique qu’elle se trouvait à la salle Baras de Liévin (lire ci-dessous). Cette fois-ci, pas de malentendants, mais de jeunes Liévinois. « C’est un handicap invisible, dont beaucoup n’imaginent pas le courage qu’il faut pour le supporter. » Elle espère : « Je me dis que tous ces enfants qui vont avoir une ébauche de ce que peut être la surdité seront plus compréhensifs et plus bienveillants par la suite. » Histoires, chansons, alphabet… En associant la gestuelle à la voix, l’artiste arrive à capter les enfants dès les premières minutes de l’heure de représentation. Et, surtout, faire comprendre ce calvaire. Sans oublier de transmettre, au moins, le « bonjour » ou le « merci » de la langue des signes. Et c’est déjà beaucoup.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 28 Octobre 2011 à Lens

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