La surdité, ce handicap qu’on ne voit pas

Philippe Balin, à la tête d’une association pour les sourds, est allé présenter à l’Assemblée nationale la problématique des personnes atteintes de surdité.

Philippe Balin à l'Assemblée nationale sur invitation de la députée Marianne Dubois.

Tout est parti d’un acte de discrimination, dont les médias se sont fait l’écho, le 22 septembre dernier. La mésaventure d’une vingtaine de passagers sourds et malentendants, à l’aéroport de Marseille, prêts à s’envoler pour des vacances en Turquie, et finalement débarqués du vol d’Air Méditerranée. Le commandant de bord avait évoqué des « raisons de sécurité ».
Dans le Loir-et-Cher, l’information fait bondir Philippe Balin, le directeur du Clair Logis, une structure spécialisée pour les sourds, basée à Oucques et gérée par une association dont il est également président, l’Apirjso. L’association de patronage de l’institution régionale de jeunes sourds d’Orléans.
L’homme à la double casquette multiplie les publications de messages sur Facebook, interpelle les élus locaux : « Je voulais pousser un coup de gueule. Ce n’est pas parce qu’on est sourd, qu’on est bête et idiot. »
Coup de gueule visiblement entendu, puisque le 11 octobre dernier, Philipe Balin s’est retrouvé à l’assemblée nationale, devant un groupe d’étude parlementaire sur la Langue des Signes Française, présidée par la députée du Loiret, Marianne Dubois, à l’origine de cette invitation. Devant une quinzaine de députés ou de leur attaché, le Loir-et-Chérien a pu exposer les spécificités des sourds.

” Un parcours du combattant de la naissance à l’âge adulte ”

« J’ai insisté sur la question de l’invisibilité des sourds. On ne les voit pas en situation de handicap. Pour eux, une aide technique ne suffit pas. Ils ont également besoin de moyen humain » Et notamment d’interlocuteurs qui maîtrisent la langue des signes. Car c’est là que le bât blesse : très peu de monde la parle, que ce soit dans les mondes de l’éducation, de la santé, de l’administration et même du travail. « Pour le sourd, c’est un parcours du combattant, de la naissance jusqu’à l’âge adulte. » Philippe Balin a aussi pu mettre en avant l’exemple du Loir-et-Cher, avec notamment l’ouverture en juin dernier, à Blois, du CAIS, le centre d’action et d’information sur la surdité (lire ci-dessous).
« Je les ai un peu bousculés », sourit Philippe Balin, qui une semaine après son escapade parisienne entend bien rester mobilisé, comme le reste de son association. « On va continuer à solliciter les élus, et notamment la députée Marianne Dubois. On souhaite bien sûr que les conclusions de ce groupe d’études ne soient pas enterrées. »

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 22 Octobre 2011 à Loir et Cher

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