La main des sourds

École de pompiers de Vineuil : des fournisseurs dans la peine

Philippe Balin, directeur de l’APIRJSO, association de jeunes sourds d’Orléans, et Nathalie Lagarde, directrice par intérim de l’ESAT d’Oucques, sont en colère.
Oucques. L’ESAT reproche à la société qui gérait l’école de pompiers de Vineuil, en dépôt de bilan, de ne pas lui avoir réglé 32.000 € de factures.

O n est en colère, lance Philippe Balin, écœuré, on nous a roulés dans la farine et on a profité de personnes vulnérables.

Le directeur de l’APIRJO (Association de patronage de l’institution régionale de jeunes sourds d’Orléans) qui gère l’ESAT (établissement et service d’aide par le travail) « Le Clair Logis », à Oucques, est affligé. Une quinzaine de travailleurs en situation de handicap auditif de l’établissement travaillaient à la restauration de l’école des pompiers de Vineuil. Mais, depuis quatre mois, le groupe DSH (Défense et Sécurité Holding) qui s’occupait de cette école n’a pas réglé les factures d’un montant total de 32.000 euros.

Six mois d’incertitude

Problème : le 8 juillet dernier, DSH dépose le bilan devant le tribunal de commerce de Paris. La juridiction place la société en redressement judiciaire pour une période d’observation de six mois. Une situation qui met l’ESAT dans l’embarras : « L’État finance une partie des structures et des salariés de notre établissement. Mais les salaires des adultes viennent de notre chiffre d’affaires. »Conséquence cette année : « On est quasi sûr d’être négatif », déplore Philippe Balin.
La révolte du directeur est à la hauteur de son impuissance. Tout est bloqué jusqu’en janvier 2011, en attendant la décision du mandataire judiciaire. L’ESAT n’est pas sur la liste des créanciers prioritaires (NDLR : il y a d’abord l’État, les salariés…). « On espère que notre situation particulière sera prise en compte et qu’on ne sera pas considéré comme un simple fournisseur », précise Philippe Balin.

“ Des retards constants ”

Pourtant, Philippe Balin et Nathalie Lagarde, directrice par intérim de l’ESAT d’Oucques, estiment avoir été prudents. Ils relèvent les « retards » constants dans les paiements : « Les factures d’octobre à décembre ont été payées en début d’année. Celles de janvier – février, 20.000 €, en juin seulement. »En avril, ils décident donc « de dire stop », dénoncent leur contrat, mais continuent à travailler à Vineuil jusqu’au 14 juin, respectant le délai de préavis.
Les deux responsables sont alors loin de se douter de l’ampleur des difficultés financières. « On n’a jamais envisagé que la société dépose le bilan. Elle venait juste d’ouvrir ! On nous a toujours dit qu’on serait payés. »Les deux responsables ont le sentiment que DSH a profité des adultes handicapés. « C’est injuste. Une entreprise classique les aurait laissés tomber depuis longtemps. »
Et Philippe Balin de conclure : « Je ne sais pas si on survivra six mois. Mais ce dont je suis sûr, c’est qu’on va se battre et qu’on ira jusqu’au bout ! »

Source : http://www.blois.maville.com © 31 Juillet 2011 à Blois

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