Sourds: écoutez leur combat

Alors que se tient aujourd’hui la Journée mondiale des sourds, une association à Amilly se bat pour une meilleure reconnaissance du handicap.

N’importe quoi de Florent Pagny résonne dans une pièce annexe de la salle polyvalente d’Amilly, près de Lucé. En ce lundi soir, l’association sourds et malentendants répète son spectacle. Elèves sourds et entendants traduisent les paroles de la chanson en langue de signes française (LSF). «Tu retrouves plus ta rue, c’est trop compliqué, on va faire le signe de tu es perdu», leur explique Madeleine Vincent, présidente et professeur.

La date du 29 septembre a été retenue depuis 1951 dans 123 pays comme la Journée mondiale des sourds. Madeleine Vincent a prêté l’oreille, presque malgré elle, à cette cause, lui a tendu la main et ne l’a plus jamais lâché jusqu’à changer de vie. La surdité de son fils Vincent n’est détectée qu’à l’âge de 5 ans, «on ne savait pas vraiment à l’époque, on m’a même parlé de faux sourd». Professeur, elle fait le choix, avec son mari, de placer Vincent dans un établissement spécialisé à l’âge de 12 ans. Il en ressort diplômé en pâtisserie à l’âge de 18 ans, une voie qu’il n’a pas choisie et dans laquelle personne ne veut de lui. «Je le pensais autonome, apte à trouver du travail et en fait non! Il est en colère et je ne parviens pas à le comprendre.» Elle décide alors de suivre Vincent à sa banque, «je me suis mise dans la file derrière lui, sans dire que j’étais sa mère, l’hôtesse l’a humilié, j’étais révoltée».

«Des sourds meurent par manque de soin»

En 2001, elle devient assistante maternelle pour avoir plus de temps et créer l’association. Dix ans plus tard, la mère et son fils, aujourd’hui âgé de 32 ans, en CDI dans une entreprise de location de nacelles, sont heureux d’avoir mené à terme des combats. L’association aide à l’apprentissage de la LSF, deux soirs par semaine. «Il y a une partie ludique avec des spectacles, du théâtre où se côtoient quarante sourds et entendants.» Et puis, il y a le volet plus social, presque une aide aux victimes, «pour la recherche d’emploi, je négocie des périodes d’essai courtes, j’aide pour la scolarisation car même appareillé, c’est encore compliqué. Les parents m’interrogent sur des questions que je me posais il y a vingt ans.»

La plaquette d’urgence mise en place en 2010 après huit années de travail est la fierté de l’association: «Ce sont des pictogrammes à cocher, si c’est un incendie, un malaise… qu’on peut faxer aux urgences ou donner en mains propres.» Cette plaquette va être remplacée par le 114 mais «ça évite que des sourds meurent par manque de soins parce qu’on ne les comprend pas. Il n’y a que quatorze hôpitaux en France où la LSF est comprise.»

Source : http://www.lechorepublicain.fr © 29 Septembre 2011

2 commentaires
  1. sylvie dit

    oui c’est vrai,pourquoi ils ont mis longtemps à mettre le 114 pour les urgences des sourds,c’est une lenteur scandaleuse et même à l’hôpital,il y a un gros problème de communication(ça progresse mais dans les villes moyennes,ça traîne encore)…j’ai une amie qui a eu un accouchement catastrophique à une petite maternité,les conséquences sur son enfant ont été très graves,à cause d’eux,la vie de cet enfant a été courte et depuis,elle a changé de maternité qui accueille mieux les sourds,ça s’est très bien passé et est maintenant une heureuse maman de 2 enfants très bien portants…il faut que ça change!.

  2. piat dit

    Bonsoir, bravo pour ce que que vous avez fait. Très touché par le handicap je viens de voir votre article paru dans l’écho républicain et aimerais faire votre connaissance .Je suis maman d’un enfant sourd avec handicap associés ,mon fils est agée de 29 ans et les choses se complique pour communiqué avec lui et lui avec les autres.il ne signe pas ,il est appareillés MERCI et a bientôt peut être.Claudine

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