La main des sourds

Pour Maël l’internat c’est un choix

A 15 ans, Maël a choisi d’être interne. Comment ce fils unique appréhende-t-il ce changement radical ? Plutôt sereinement.

Les bagages seront prêts pour lundi.

Tout juste de retour de vacances, Maël, 15 ans, prépare sa rentrée. Cette année, les choses vont changer pour lui. Il entre en seconde, à Poitiers, au lycée Aliénor d’Aquitaine. C’est le dernier grand pas à franchir dans sa scolarité, avant le bac, bien sûr. Mais cet adolescent va en faire un de plus, lundi. A 8 h 30, son père le déposera devant l’internat de l’établissement. Bien qu’habitant à Poitiers, il a souhaité être interne. Son choix est motivé par l’envie de vivre autre chose. « Je suis fils unique et j’ai un lien très fort avec ma mère. En choisissant l’internat, je vais acquérir plus d’autonomie, d’indépendance ; je vais apprendre des valeurs comme le partage et ça, c’est intéressant. ».

” Il faut que j’apprenne à m’adapter ”

Lundi soir, il partagera donc une chambre de l’internat avec deux autres élèves. Il ne les connaît pas. Ce ne sont pas des copains du collège Henri IV qu’il a fréquenté jusqu’en juin. Ce passionné d’informatique, de plongée et plus généralement d’activités nautiques, imagine ses « colocataires » « plutôt cool », « sympathiques ».
Bon élève, d’une grande maturité, il avoue avoir un peu d’appréhension à l’idée d’être interne, rien que de très normal lors d’un changement radical de vie. « J’espère que ça se passera bien et qu’on aura de bonnes relations, qu’ils vont essayer de communiquer avec moi, par écrit. »
Car Maël, bien qu’il ne souhaite pas en faire cas, ne sera pas tout à fait un interne comme les autres. Il est sourd de naissance, ce qui ne l’a pas empêché de suivre sa scolarité en milieu ordinaire. « C’est possible grâce à l’association 2LPE (NDLR. Deux langues pour une éducation), qui assure l’interprétariat » explique Stéphanie, sa mère. C’est donc par écrit qu’il communiquera avec les autres. « C’est un peu gênant de faire ainsi mais c’est la vie, il faut que j’apprenne à m’adapter pour communiquer avec les personnes que je vais fréquenter. »
Stéphanie Dubut approuve la décision de son fils. « Je ne suis pas inquiète. Maël à l’habitude, il part seul pour rejoindre la famille. Il a participé à un camp européen. Mais c’est sûr, ça va me changer et je prends sur moi. C’est la solution la plus formatrice pour lui. Les codes sociaux, on ne les apprend pas à l’âge adulte… Ce n’est pas forcément le chemin le plus facile mais ce sera, je pense, le plus riche et pour nous deux. Cela va me mettre face à moi-même mais j’ai de nouveaux projets, associatifs, sportifs. » La jeune femme prépare en effet le marathon de La Rochelle qui se déroulera en novembre.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 3 Septembre 2011 à Poitiers

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.