Des sourds et malvoyants interdits de vol

Un groupe de personnes sourdes ou malvoyantes s’est vu refuser l’embarquement à Marseille dans un vol d’Air Méditerranée à destination de la Turquie pour des raisons de sécurité. Les voyageurs comptent porter plainte.

Ils s’apprêtaient à partir en vacances en Turquie, mais ils ont dû rester au sol à cause de leur handicap. Un groupe de vingt-deux voyageurs, dont dix-huit sourds et trois malvoyants, n’a pas été autorisé à embarquer dans le vol charter d’Air Méditerranée à l’aéroport de Marignane, à Marseille, sur ordre du commandant de bord. Ce dernier a invoqué des raisons de sécurité.

Les voyageurs, en provenance de la région de Marseille, mais aussi de Normandie ou de Paris, ont été convoqués dimanche à 3 heures du matin à l’aéroport. L’enregistrement des bagages et les contrôles de sécurité se passent normalement et le groupe patiente en salle d’embarquement. Vers 5 heures du matin, coup de théâtre. «Une fille du comptoir vient nous dire qu’il y a un problème. Le commandant de bord refuse de nous embarquer car nous sommes malentendants», explique à Libération Michèle Vial, qui devait partir en Turquie avec sa soeur sourde. «Nous expliquons que nous avons l’habitude de voyager, qu’il n’y a aucun problème de sécurité.»

Des passagers considérés comme «personnes à mobilité réduite»

Le groupe parlemente avec l’aide de traducteurs en langue des signes pendant près d’une heure trente. Mais le commandant de bord, qui n’est pas venu s’expliquer, n’est pas revenu sur sa décision. Ce dernier a en effet le droit d’exclure de son propre chef des passagers d’un vol, avant ou après l’embarquement, s’il estime qu’ils sont dangereux pour les autres ou pour eux-mêmes. Ce peut être le cas pour des passagers agités, violents ou alcoolisés. Le commandant peut également débarquer un passager en cours de vol en se posant d’urgence dans l’aéroport le plus proche.

Dans le cas présent, la compagnie Air Méditerranée argue que les personnes sourdes ou malvoyantes sont considérées «comme des personnes à mobilité réduite», et «nous devons mettre en place des personnels supplémentaires dans ces cas-là», explique la directrice générale de la compagnie à Libération. Or l’agence de voyage n’a pas prévenu la compagnie du handicap de ces passagers.

Air Méditerranée a proposé au groupe d’affrêter un car afin qu’il puisse se rendre à Lyon, où un autre vol à destination de la Turquie était programmé dans la soirée. Mais tous ont refusé. Les voyageurs comptent déposer plainte devant l’ex-Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), désormais intégrée dans le nouveau poste de Défenseur des droits.

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À Toulouse, un autiste débarqué deux fois

En juin dernier, un jeune autiste de 19 ans a été déclaré persona non gratapar le commandant de bord d’un vol Tunisair à destination de la Tunisie. À peine installé en cabine, le commandant somme le jeune homme, accompagné de sa mère, de quitter l’avion. Il aurait été trop agité à ses yeux. Un arrangement finit par être trouvé : la mère et le fils prendront un nouveau vol quelques jours plus tard, à condition que le jeune garçon soit sous calmant. Le jour J, la famille est refusée dès la salle d’embarquement. Le commandant de bord (le même que la première fois) argue que la mère n’a pas de certificat médical indiquant la durée de l’efficacité du calmant et le nom des accompagnateurs. La famille a porté plainte.

Source : http://www.lefigaro.fr © 21 Septembre 2011 à Marseille

1 commentaire
  1. Gérard Sanroma dit

    LA DICTATURE DE CERTAINS MEDECINS QUI NOUS INTERDISENT DE FAIRE DES CHOSES

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