La main des sourds

La Maison du projet du Louvre-Lens s’ouvre aux sourds et malentendants

Sandrine Basset et Marie Milville travaillent et militentpour l'accès aux savoirs et à la culture pour les sourds.

Du musée du Quai Branly, au LAM de Villeneuve d’Ascq en passant par le LAC de Dunkerque, l’association lilloise Signes de sens assure des visites guidées en langue des signes (LSF) dans les musées. Samedi, Sandrine Basset, guide sourde de 32 ans, en assurera une à la Maison du projet. Marie Milville, assistante de service de médiation en langue des signes, a signé et répondu à nos questions. Entretien.

– Signes de sens répond-elle à un besoin dans le secteur ?

M. M. : « Signes de sens a été créé en 2003 et depuis 2008 assure des visites interprétées en LSF dans les musées de la région.

L’association répond aussi aux demandes des services Villes d’art et d’histoire comme à Saint-Omer, Lille, Boulogne, etc. Dernièrement, nous avons travaillé sur un visioguide, « Muséo », pour le musée du Quai Branly. Nous soutenons la communauté sourde en lui proposant des outils adaptés qui lui permettent de se cultiver et de se construire. Nous avons un noyau dur de personnes qui assistent à chaque visite. Pour la Maison du projet, nous avons déjà onze inscrits.

Notre principale mission est l’accès aux savoirs et aux pratiques culturelles pour les sourds. »

– Les musées sont de plus en plus accessibles aux personnes à mobilité réduite et le sont aussi pour les sourds et malentendants, non ?

M. M. : « Nous travaillons sur l’accessibilité à la culture et aux savoirs. Le public sourd a un handicap communicationnel, pas physique. Il communique avec la vue. Mais il n’y a pas d’outil adapté pour ce public. Ou alors une offre très sporadique. Au musée, une petite note explicative en dessous d’un tableau ne suffit pas ou n’est pas systématiquement adaptée. Car, pour les sourds de naissance ou devenus sourds très tôt, le taux d’illettrisme est de 50 %. Il faut trouver les outils visuels et pédagogiques pour permettre l’accès à la culture pour tous. Nous nous aidons beaucoup des nouvelles technologies, comme les tablettes par exemple. »

– La Maison du projet a son propre guide et Signes de sens aussi. C’est un travail en commun ?

M. M. : « Il y a tout un travail de préparation avant la visite en elle-même, avec le public sourd. En août, Sandrine, notre guide sourde, a visité la Maison du projet avec le guide référent du lieu et un interprète. C’est ce que l’on appelle une visite de préparation. Elle a été filmée afin de permettre au guide sourd de travailler sa visite. »

– Ce n’est pas votre première visite guidée dans un musée, mais peut-être la première dans un musée qui se trouve à l’état de chantier…

S. B. : « Oui, c’est la première fois que je vais commenter un chantier, un bâtiment en construction ! La visite sera donc plus axée sur la question de l’architecture. Il faut imaginer ce que sera le musée… C’est intéressant de voir l’évolution du chantier, de découvrir et comprendre le projet de l’architecte. »

– Une fois que le musée aura ouvert ses portes, vous aimeriez assurer les visites pour commenter les oeuvres ?

S. B. : « Bien sûr, oui ! Le travail que j’ai fait me donne envie d’y aller régulièrement. Je suis pressée que le chantier se termine. »

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 9 Septembre 2011 à Lens

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