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Hauts de Seine Habitat

Qu’attend-on pour apprendre à ” signer ” ?

Les services publics disposent de trop peu de personnels formés à la langue des signes. Ce qui complique la vie des sourds.

Stéphanie Bonnet, coprésidente d'Ensemble Signons, Sandrine Rambault, présidente de l'association des sourds des Deux-Sèvres, et Gaëlle Marollaud, coprésidente d'Ensemble Signons, aimeraient qu'il y ait plus de personnes formées à la langue des signes dans les services publics

La loi handicap de 2005 a beau prévoir dans un de ses articles que « les personnes déficientes auditives bénéficient, à leur demande, d’une traduction simultanée ou visuelle de toute information orale ou sonore les concernant », très peu d’administrations et services publics disposent encore de personnels formés à la langue des signes.
Toutes deux sourdes, Gaëlle Marollaud, 29 ans, de Courlay, et Sandrine Rambault, 45 ans, de Boismé doivent s’adapter. Dans leur vie de tous les jours, leur surdité n’est pas nécessairement un handicap. « Pour les petites formalités administratives, un changement d’adresse par exemple, ce n’est pas un problème. On peut le faire par écrit », explique Gaëlle, coprésidente de l’association Ensemble Signons.
« Mais pour les formalités administratives plus compliquées, poursuit Sandrine, présidente de l’association des sourds des Deux-Sèvres, on est obligé de faire appel à un interprète. »
Le souci, c’est qu’un interprète ne travaille évidemment pas la nuit, le week-end ou encore pendant les vacances, en juillet et en août. « Ce qui pose vraiment un gros problème en cas d’urgence », souligne Sandrine.

80 euros de l’heure
Le problème aussi, c’est que cela à un coût. « Il faut compter à peu près 80 euros de l’heure, frais compris », précise Gaëlle. La loi handicap prévoit que ce coût soit à la charge de l’administration ou du service public si la personne sourde en fait la demande à l’avance.
« Malheureusement, cet article de la loi est très peu appliqué, regrette Stéphanie Bonnet, la coprésidente d’Ensemble Signons. Beaucoup de personnes sourdes ne sont pas au courant. Quand elles le sont, elles essuient souvent des refus ou alors il faut prévenir longtemps à l’avance et insister. »
Les frais d’interprétation sont donc souvent à la charge de la personne sourde. Même si elle peut tout de même bénéficier d’une allocation, la prestation de compensation du handicap, attribuée par la Maison départementale des personnes handicapées, pour les financer.

Un seul interprète en Deux-Sèvres
Sans compter que les interprètes ne courent pas les rues. Il n’y a ainsi qu’un seul interprète diplômé pour tout le département des Deux-Sèvres.
Pour Gaëlle, un interprète de plus mis à disposition par le conseil général, par exemple, ne serait pas forcément une bonne solution. « Il y aurait des jours où il ne travaillerait pas et d’autres où il ne pourrait pas faire face à la demande. »
« Il serait en effet préférable que des personnes soient formées à la langue des signes dans les administrations ou les hôpitaux par exemple, estime Sandrine. Même si là encore, le problème, c’est que cela a un coût. »
Exemple à méditer, depuis février, l’hôpital de Poitiers a ouvert un nouveau service où un médecin généraliste, formé à la langue des signes, peut recevoir les personnes sourdes. Mais, qu’attendent donc nos services publics pour apprendre à signer ?

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 22 Aout 2011 à Bressuire

1 commentaire
  1. soulie dit

    oui , je suis d’accord , car il n’y a pas assez de personnes qui signent , la reponse des administrations est : pas d’argent etc …. pour payer des formations !!!!! mais de l’argent il y en a assez pour payer les ministres , senateurs , deputés europeens ( sommes exorbitantes ) , ces gens là se moquent des personnes handicapés ! quelle honte !

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