Festival du cinéma. Zoom sur «Le Monde des sourds»

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Pour la troisième année, le festival du cinéma ouvre, durant trois jours, une fenêtre sur le monde des sourds. Camille Niccolini en rappelle la philosophie.
La section du «Monde des sourds» se déroulera les 25, 26 et 27août. D’où vient l’intérêt du festival pour la culture sourde ? 
Le projet est né d’un constat assez simple, à savoir que les sourds et les malentendants représentent une minorité culturelle, au même titre que celles qui sont invitées au sein du festival. Il semblait donc important de mettre en lumière cette culture, souvent invisible ou dédaignée par une société normalisée, qui considère le monde des sourds comme un monde différent.

Quel type de public fédère-t-elle ?
«La particularité de cette section est avant tout de créer une mixité sourd-entendant. C’est un espace qui permet de présenter au public la culture sourde au travers des films, des débats et des questionnements qu’ils sous-tendent. À l’issue des projections, tous, sourds et entendants, peuvent s’exprimer librement. Il s’agit de se rencontrer, de se connaître et de mieux se comprendre; d’ailleurs, le public, qui a priori pourrait ne pas se sentir concerné, ressort transformé de ces échanges. Une vraie prise de conscience a lieu, sur le fait de vivre le monde autrement. C’est le cas de Lilian Le Franc, ancien bénévole du festival, qui a créé son activité professionnelle grâce à cette section. Il travaille désormais en tant que sous titreur pour sourds et malentendants et propose ses services au festival cette année. Ceci correspond, en outre, à notre projet de rendre le festival plus accessible aux sourds: les films seront pour la première fois sous titrés avec les normes couleur; les rencontres, quant à elles, continueront d’être interprétées en langue des signes.

Si l’on devait dégager une thématique commune à la programmation, quelle serait-elle?
Cette année, la programmation s’oriente plus particulièrement sur l’expression artistique de la culture sourde. C’est dire sur la façon dont les artistes créent avec la langue des signes, comment se manifeste le processus de création lorsque l’on est sourd, et comment le public, qu’il soit sourd ou entendant, reçoit ces propositions artistiques. De nombreuses créations nous invitent à penser autrement, à percevoir et à sentir les choses de façon inédite. À titre d’exemple, une séance de slam du collectif Viscore sera proposée sous le chapiteau, le vendredi 26août, pendant laquelle des performeurs (Dj’s malentendants, vidéastes, slameurs) feront vaciller notre rapport avec le son en jouant sur les vibrations que génèrent les basses et les sons graves.

Source : http://www.letelegramme.com © 29 Juillet 2011 à Douarnenez

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