La maison des cauchemars

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Nelly et Philippe devaient faire construire la maison de leurs rêves à Migné-Auxances. L’entrepreneur en charge des travaux les a brisés. Le quotidien de cette famille de sourds-muets est devenu invivable.
C’est ce mardi 28 juin que l’expert doit venir constater les dégâts. Pour Philippe et Nelly, cette échéance est le rendez-vous de la dernière chance.

Victime d’un entrepreneur sans scrupule, ce jeune couple de sourds-muets vit aujourd’hui dans une bâtisse ouverte aux quatre vents. La maison de leurs rêves est devenue celle des cauchemars. Retour en arrière…

En septembre 2009, Philippe et Nelly quittent Brest pour s’installer dans l’agglomération poitevine. Leur fils Lucas, sourd-muet comme eux, pourra ainsi profiter, à l’école Paul-Blet, d’un dispositif pédagogique adapté à son handicap. La famille boucle rapidement ses valises. Après quelques visites, elle tombe sous le charme de cette maison de Migné-Auxances. Aidée des parents de Philippe, elle finalise l’acquisition administrative et pensent aux travaux à venir. « Une petite partie était seulement habitable, explique Elisabeth Prigent, la maman de Philippe. Une fois la charpente refaite, elle aurait dû leur permettre de vivre dans des conditions exceptionnelles. »

Un ami des parents propose de s’occuper du chantier. A Quimper, il effectue un premier devis, d’un montant total de 31 676,38 €. Le couple accepte. L’artisan, accompagné de sa femme, s’installe aussitôt dans le jardin mignanxois et lance le chantier.

Une charpente en carton

Quatre mois plus tard, les travaux, assure-t-il, sont terminés. Intervient alors un premier incident. L’entrepreneur est victime d’un accident cardiaque et regagne la Bretagne pour sa convalescence. Durant ce laps de temps, le couple va tomber des nues. Un jour, Philippe monte sur le toit. Et la charpente manque de s’écrouler sous son poids. Alertée de cet incident, sa mère se décide à rendre visite à son fils. « Une fois sur place, nous n’avions pu que nos yeux pour pleurer », dit-elle laconiquement.

La poutre maîtresse est rompue. A la va-vite, ils mettent en place des ballastes afin de maintenir la maison debout. Un professionnel du bâtiment l’affirme : « Un gros orage pourrait faire écrouler toute la structure ». Pour l’entrepreneur, « le chantier est fini. » « Il a escroqué mes enfants tant sur la construction que sur son coût, pérore Elisabeth. Car nous nous sommes rendus compte que Philippe et Nelly avaient déboursé près de 60 000 € au total. » Soit le double de la somme initialement annoncée dans le devis.

La justice en marche

Pour faire face à cette situation ubuesque, la justice est saisie. Un malheur n’arrivant jamais seul, un nouvel imbroglio se dessine. « Notre premier avocat breton n’avait pas compris que la maison était à Poitiers. Il n’a jamais voulu se déplacer ». La famille fait donc appel un second conseil. Ce dernier va faire les choses dans l’ordre, pour aboutir à l’expertise réalisée cette semaine. Qu’elle qu’en soit l’issue, la famille évoque la possibilité d’engager des poursuites pénales.

Dans l’attente, Philippe et Nelly vivent dans des conditions exécrables. « Nous avons fait appel des émissions de télévision comme « Tous ensemble », explique Nelly. Mais ils ne nous ont jamais répondu. » A quand le bout du tunnel ?

• L’artisan, à la tête d’une société quimpéroise, a été contacté par nos soins. Malgré plusieurs messages laissés sur son répondeur, il n’a jamais donné suite à nos demandes.

Source : http://www.7apoitiers.fr © 28 Juin 2011 à Poitiers

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