La main des sourds

La jeune Valenciennoise, sourde, n’avait pas entendu venir ses agresseurs

Le 27 janvier, quand il sort du commissariat de police de Valenciennes, Eugène D, un Valenciennois de 33 ans, cherche à intimider la jeune Valenciennoise qui a osé déposer plainte contre lui et ses deux « amis », Laurent et Jacques M.

Peut-être qu’à ce moment-là, aucun des trois prévenus ne se doute de la tournure que va prendre l’affaire de menaces et de vol avec violence dont ils font l’objet. Pourtant, jeudi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Valenciennes, ils ont dû répondre de leurs actes pendant plusieurs heures.

Retour aux faits. Le 26 janvier, la jeune fille en question, une Valenciennoise de 25 ans, sourde de naissance, va chez ses parents pour les saluer.

Arrivée dans le hall de l’immeuble, elle est prise à partie par Laurent, 35 ans, et Jacques, 43 ans, deux frères sans emploi et sans domicile fixe. Au moment des faits, ils sortent de chez Eugène D, chez qui ils se rendent souvent.

Elle ne les entend pas venir. Ils l’encerclent. Le plus âgé la menace d’un couteau pour lui prendre son sac à main. « Ce n’était qu’un couteau suisse », cherche à minimiser Jacques, le détenteur de l’arme. Le président du tribunal se met en colère : « C’était pour couper votre tartine et votre pomme ? » ironise-t-il.

Malgré le choc, la jeune fille ose aller frapper à la porte d’Eugène D pour lui demander des noms. L’homme lui ment et donne un faux nom. Selon le tribunal, Eugène D il aurait « une peur bleue » des frères M. C’est pourquoi il cherche à les couvrir. À la barre même, il ne parle pratiquement pas. Son regard fixe donne l’impression d’un homme perdu.

La jeune fille, est elle aussi choquée d’être là, devant eux. Elle tente tant bien que mal de détailler l’agression. Ses propos à la barre viennent parfois contredire sa précédente version des faits. Son avocat met cela sur le compte du choc. Le tribunal semble le concevoir. Eugène D est condamné à six mois d’emprisonnement dont deux ferme, tandis que Jacques M devra lui purger une peine de douze mois d’emprisonnement dont six ferme. Son frère Laurent écope, lui, d’une peine de huit mois d’emprisonnement dont quatre ferme. Chacun des prévenus devra également éviter tout contact avec la victime et sa famille.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 30 Avril 2011 à Valenciennes

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