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Aleyna est sourde… son auxiliaire de vie aussi

Grâce au langage des signes, Valérie Blanc explique à Aleyna ce que sa maîtresse signifie aux autres élèves à l'oral.
À l’école maternelle du Lac, à Saint-Berthevin, Aleyna, 3 ans, est épaulée par une auxiliaire de vie scolaire (AVS) elle aussi atteinte de surdité. Une victoire remportée par sa maman.

Aleyna a trois ans. C’est une petite fille (presque) comme les autres. Si ce n’est qu’elle a été diagnostiquée sourde sévère et profonde bilatérale à l’âge de neuf mois. « Elle a un implant cochléaire depuis avril 2010. Mais l’implant ce n’est pas une baguette magique qui transforme un enfant sourd en un enfant entendant, souligne Gwénaëlle Bézier, sa mère. Il faut l’enlever sur la plage, au bain, dans le bac à sable, quand elle dort… Il y a plein de moments où elle ne l’a plus. »

C’est pourquoi depuis janvier, la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) lui a accordé 9 h hebdomadaires d’auxiliaire de vie scolaire (AVS). « Valérie Blanc, l’AVS de ma fille est également sourde. Elle permet à Aleyna de s’intégrer » à l’école, explique Gwénaëlle Bézier. « C’est un lien important entre Aleyna et moi, signale Fabienne Bergot, la maîtresse d’école. Heureusement qu’elle est là, sinon ce ne serait pas facile ! »

« Elle n’est pas seule ! »

« Quand j’ai rencontré Valérie, je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je me débrouille pour qu’elle devienne l’AVS de ma fille, se souvient Gwénaëlle Bézier. Au départ l’Inspection académique voulait me mettre une autre AVS, une entendante qui signait. Je leur ai dit que non. Normalement en tant que parent on n’a pas le droit de donner son avis. Mais ça tombait bien parce qu’ils avaient assigné Valérie à une maman d’Évron qui voulait une AVS entendante pour son fils malentendant qui ne communique pas en langue des signes. Du coup on a échangé. »

« C’est la première enfant de qui je suis l’AVS, raconte Valérie Blanc. Mais c’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Je suis sourde, moi aussi, et quand j’étais à l’école je me sentais isolée. Ma présence permet à Aleyna de réaliser qu’elle n’est pas seule à être sourde. Quand j’étais petite, moi, je le croyais. »

Pour la rentrée de septembre prochain, la MDPH a accordé une AVS à temps plein à Aleyna. « Maintenant, ce n’est pas parce qu’on a un accord MDPH qu’on va effectivement avoir une AVS. Ça dépend des budgets de l’Inspection académique, appréhende Gwénaëlle Bézier. On croise les doigts. Surtout qu’on peut très bien avoir une AVS qui ne soit pas Valérie… »

Le 28 avril dernier, Gwénaëlle Bézier a créé, avec deux autres mamans, l’association Les p’tites zoreilles. « Parce qu’on souhaite informer les entendants sur la surdité, fait-elle savoir. Aider les parents qui doivent faire face à l’annonce de la surdité de leur enfant, développer la langue des signes, s’entraider dans les démarches administratives et organiser des rencontres d’enfants sourds : les enfants sourds ont vraiment besoin de se côtoyer, de réaliser qu’ils ne sont pas seuls. »

Les p’tites zoreilles. Tél. 06 24 86 47 01, 06 87 66 87 28 ou 06 18 13 10 43.

Source : http://www.laval.maville.com © 14 Juin 2011 à Laval

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