La main des sourds

Les signes enchantent les publics

Deux cultures se sont rencontrées sur la scène de Carré Bleu, durant deux soirs, pour un spectacle hors normes. Un concert traduit en langue des signes.

Olivier Schetrit et Maud Thibault ont réussi à transporter les publics dans des univers poétiques.

Le pari était osé. L’aventure enrichissante. Le résultat à la hauteur des espérances. Les musiciens poitevins du groupe Sale Petit Bonhomme sont montés, deux soirs de suite, sur la scène de Carré Bleu, aux Couronneries à Poitiers, suivis par deux comédiens « traducteurs ». Une première pour ce groupe pourtant rompu à la scène. Ces soirs-là, chacune des chansons interprétées a été traduite en langue des signes. Un travail d’adaptation important effectué depuis le mois de janvier avec Olivier Schetrit, comédien parisien sourd et muet et Maud Thibault, interprète.

” Des images prégnantes ”

Leurs chansons à texte mêlent humour, gravité, poésie qu’il a fallu transposer en langue des signes. A la sortie du spectacle, notre première intention a été de connaître la réaction d’une spectatrice sourde. Marianik Le Guen, enthousiaste, confiait : « Avec les percussions, on ressent très fort les vibrations. Là avec la guitare, je me suis dit que je n’allais rien ressentir. En fait ce soir je suis très contente. C’est vrai que si on n’a pas les vibrations, il faut la langue des signes… Ce n’était pas des textes de l’univers typiquement sourd mais ce qui a été important pour moi c’est la dernière chanson écrite par une personne sourde, en position de création. Les images étaient plus prégnantes que dans les autres textes traduits. C’est rare ce genre de spectacle. Ça fait un bien fou. C’est confortable et enrichissant. C’est fabuleux ! » Guillaume Arnaud et Julie Champigny ajoutent un « c’était magique car il est rare d’avoir sur scène un acteur sourd, une interprète et des musiciens qui jouent avec une telle concordance entre la traduction et les chansons ».

Grande ” écoute ”

A nous, ce qui nous a paru magique, ce sont les pas de danse en rythme d’Olivier Schetrit (« Lorsque j’étais ado, j’ai reçu le premier prix de danse à un concours dans une discothèque. Les organisateurs ne voulaient pas croire que je n’entendais pas. »), la grande maîtrise de Maud Thibault dans l’interprétation des textes, les choix scéniques issus du théâtre de Jean-Louis Compagnon et la grande « écoute » entre les trois musiciens et les acteurs. Magique et… émouvant.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 16 Avril 2011 à Poitiers

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