Le langage des signes a désormais son dictionnaire animé sur Internet

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La Fédération suisse des sourds met en ligne près de 1000 mots en vidéo, dans les trois langues nationales. Une première.

«C’est une excellente nouvelle! Ce site Internet nous permettra d’apprendre de nouveaux signes et d’être à jour dans une langue en constante évolution.» Pauline Padonou Loko est la mère de Léo, un enfant sourd de 9ans. Pour elle, le lexique que lance la Fédération suisse des sourds (FSS) est une aubaine. «Il existe bien des brochures romandes, mais elles sont illustrées avec des dessins, beaucoup moins simples à comprendre que des vidéos. Ce lexique permettra au frère et à la sœur de Léo un accès simplifié à la langue des signes

Le nouveau dictionnaire animé présenté hier est une avancée «historique» pour la FSS. «C’est la première fois qu’un tel lexique est réalisé en trois langues», assure Tiziana Rimoldi, membre de la direction de la FSS. Le site Internet, gratuit, permet de rechercher puis de visualiser quelque mille mots dans les trois langues nationales suisses. Il sera actualisé le plus souvent possible. L’objectif est que non seulement les sourds, mais aussi toutes les personnes intéressées à cette forme d’expression, viennent y picorer. «Nous avons l’espoir
que ce dictionnaire devienne un jeu de famille», souffle Tiziana Rimoldi.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’existe pas qu’une seule langue des signes internationale. Elle diffère dans chaque pays. Rien qu’en Suisse romande, la manière de dire le mot «tante» varie suivant les cantons.

Le lexique en ligne, qui sera officiellement mis en fonction le 30 avril, répertorie ces dialectes. «Cela facilitera la création d’une mémoire historique de la communauté des sourds de Suisse, se réjouit Tiziana Rimoldi. La langue des signes se perd facilement dans l’espace. Ce dictionnaire permettra de la fixer.» Pour récolter de nouvelles expressions, des réunions de sourds sont régulièrement filmées. Le téléjournal est régulièrement décortiqué, explique Yen Gigandet, enseignante en langue des signes.

La FSS lance par ailleurs un appel pour un meilleur soutien à la langue des signes. «Cette cinquième langue nationale n’est pas reconnue dans la loi», regrette Roland Hermann, président. Le lexique pourrait aussi susciter des vocations. «Nous manquons d’interprètes, particulièrement en Suisse romande, rappelle Stéphane Faustinelli, membre de la direction de la FSS. Cela freine l’intégration des sourds dans la société.»

Le lexique a coûté environ un million de francs, sur trois ans. Il est financé par la FSS. Cet organisme est lui-même financé pour deux tiers par des fonds privés et pour un tiers par une subvention de l’Office fédéral des assurances sociales.

Source : http://www.tdg.ch © 27 Avril 2011 à Suisse

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