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L’Association francophone des parents d’enfants sourds organise un colloque à Wépion

L’Association francophone des parents d’enfants sourds organise un colloque à Wépion, les 25 et 26 avril 20.000 personnes sont sourdes en «Communauté française». Le suivi médical est assuré très correctement, d’après l’Association des parents d’enfants déficients auditifs francophones (APEDAF). La surdité est dépistée de plus en plus tôt et les spécialistes mettent tout en oeuvre pour que l’infime perception acoustique des enfants soit développée au maximum. Mais pour l’APEDAF, cela ne suffit pas. Car les sourds n’appréhendent pas le réel de la même manière que les non-sourds, ils ont leur propre sensibilité, leur propre culture, à laquelle ils n’ont pas accès. Les 25 et 26 avril, à Wépion (Namur), l’APEDAF organise un colloque sur ce thème, la «culture sourde». L’approche de la culture sourde est beaucoup plus développée ailleurs (pays scandinaves, U.S.A., Grande-Bretagne) que chez nous. Elle est capitale, car le sourd ne pourra jamais s’intégrer tout à fait au «monde sonore». En Belgique, tous les efforts sont faits techniquement et médicalement pour que les enfants sourds entendent; c’est possible, car seulement 2 ou 3 % des enfants sourds n’ont aucune perception acoustique. Quoi de plus normal d’ailleurs que de leur donner un bien qui semble précieux, qui appartient à (presque) tous. Les parents d’enfants sourds sont plus que motivés, puisque 90 % d’entre eux ne sont pas sourds. «On sait dépister un enfant sourd, mais on ne sait pas dès le départ quels sont ses «restes auditifs». Pour savoir si les traitements fonctionnent ou pas, il faudra plusieurs années», dit-on à l’APEDAF. Après ces années d’efforts quotidiens, l’enfant sourd «irrécupérable» aura accumulé un énorme retard par rapport à celui qui a l’usage normal de ses oreilles. Et pour les autres, il y aura toujours une différence. A l’APEDAF, on ne dénigre pas du tout le remarquable travail effectué par les spécialistes de la surdité. Mais on veut absolument intégrer une autre constante dans l’univers de l’enfant sourd qui vit dans le monde sonore: le langage gestuel, qui est la composante principale et enrichissante des enfants sourds nés de parents sourds. Ces enfants, dès leur plus jeune âge, ont eu accès à la culture, à la connaissance et à l’affection de leurs parents. Il faut en effet se rendre compte qu’un enfant sourd né de parents entendants est incapable de percevoir la chaleur d’une voix maternelle. L’enfant sourd né de parents sourds la percevra, puisqu’il parle le même langage que sa mère. A Wépion, les 25 et 26 avril, l’Association francophone des parents d’enfants sourds propose aux spécialistes, aux sourds, aux parents et aux proches d’enfants sourds de mieux appréhender cette fameuse culture sourde, qui a comme base principale le langage des gestes. Une culture sourde que les enfants sourds nés de parents entendants découvrent avec stupeur, parce qu’on ne la leur a jamais fait découvrir. Ceux qui en ont fait une expérience tardive ont été bouleversés, paraît-il. Ils ont tenté d’effacer un passé qui semblait réussi, où leurs efforts étaient dirigés vers la ressemblance de leur proches, qui entendent. «Ils se sont sentis floués, trompés», dira le président de l’association. 7e week-end d’information et d’échange de l’APEDAF, les 25 et 26 avril, au centre de la Communauté française «La Marlagne», chemin des Marronniers à 5150 Wépion (tél. 081/46.05.36). Renseignements à l’APEDAF, 15, rue Jan Blockx, à 1030 Bruxelles (tél. 02/242.13.43).

Source : http://www.sudpresse.be © 13 Avril1992 à Belgique

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