La main des sourds

Kiabi a embauché 156 travailleurs handicapés depuis 2001 et poursuit le recrutement

Pas facile de trouver un emploi lorsqu’on est porteur d’un handicap. Et c’est presque aussi difficile pour les entreprises de trouver des candidats pour des postes adaptés. Pourtant, depuis 2005, la loi oblige les firmes à compter 6 % des travailleurs handicapés. Avec ses 4,21 %, Kiabi fait figure de bon élève. La marque, installée à Hem, organisait la semaine dernière une journée de recrutement. Trente personnes ont répondu à l’appel.

Olivier Ballenghien a accueilli les candidats avec une interprète pour les personnes sourdes.

« Handi-Kap ». Le nom fait très « marketing ». C’est celui de l’opération de recrutement de travailleurs handicapés organisée par Kiabi. La semaine dernière, l’entreprise hémoise a accueilli une trentaine de candidats dans ses locaux récemment acquis dans la zone industrielle de Roubaix-est. L’objectif était, d’une part, les « coacher » lors d’ateliers métiers, et, d’autre part, leur proposer une vingtaine de postes pour lesquels ils pouvaient poser leur candidature.

« Il y a aujourd’hui beaucoup de demandes de la part des entreprises, analyse Corinne Corbel, responsable mission handicap dans une agence d’emploi, qui est intervenue au forum, mais elles n’adaptent pas toujours leur poste au candidat. Pourtant, parfois il suffit de pas grand-chose, un clavier adapté, un peu plus de temps de pause… Pour une personne sourde, ça va être un peu plus dur. » Et de poursuivre : « Le problème aussi, c’est qu’on ne trouve pas forcément de candidats… » Olivier Ballenghien, responsable de la mission handicap de Kiabi, admet lui aussi que ce « marché du travail est tendu, nous avons du mal à rencontrer de nouveaux candidats ». Cependant, il n’est pas peu fier des efforts que fournit son entreprise en la matière. « En dix ans on a recruté 156 travailleurs handicapés. Et notre objectif c’est que l’on en recrute 40 à 50 personnes par an. » Pour l’instant la firme affiche un pourcentage de 4,21 % d’employés handicapés quand la loi oblige un minimum de 6 %.

« La difficulté c’est que 80 % des travailleurs handicapés ont une formation inférieure au bac », explique-t-il. En effet, accidents et soins les éloignent souvent des bancs de la faculté. Il faut donc offrir des postes adaptés. « Nous leur proposons des emplois dans la logistique (managers, coordinateurs…) mais nous nous efforçons d’ouvrir un poste en clientèle à chaque ouverture de magasin. Dans le commerce, on demande plus un savoir être qu’un niveau de qualification. » Travailler avec une personne handicapée apporte également un plus au sein d’une équipe. « On y croit. La diversité est une richesse. Ça apprend aussi aux salariés à mieux travailler en équipe, à rationaliser les choses », poursuit le responsable.

L’histoire ne dit pas si les personnes présentes à la journée Handi-Kap ont séduit les recruteurs. Cet événement annuel témoigne en tout cas d’une volonté concrète de l’entreprise d’avancer sur ce sujet.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 31 Mars 2011 à Roubaix

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.