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Hauts de Seine Habitat

« L’Enfance sourde » Regards de femmes sur le handicap

Brigitte Lemaine (en bleu) en compagnie de Marie-Thérèse, la maman sourde d’Elsa.

A 19 heures aura lieu une projection unique de L’Enfance sourde, un film documentaire sous-titré français de Brigitte Lemaine, France, 2009.
Brigitte Lemaine est à la fois sociologue, chercheur et documentariste. Elle a suivi des études supérieures en sociologie tout en se spécialisant dans le cinéma documentaire en suivant les cours du réalisateur-ethnologue Jean Rouch et du sociologue et philosophe Jean Baudrillard.
« Je suis atypique : les cinéastes ne m’aiment pas parce que je suis une intellectuelle et les intellectuels ne m’aiment pas parce que je suis cinéaste ! Je veux faire évoluer les mentalités ». Enfant, elle a été élevée par ses grands-parents maternels, tous deux sourds, et a baigné dans la langue des signes jusqu’à ses 12 ans.
Brigitte Lemaine a derrière elle une vingtaine de documentaires dont plusieurs sur la surdité. Dans L’Enfance sourde, la documentariste a suivi Elsa, une enfant entendante de parents sourds, enfant coincée entre deux univers, celui de la langue parlée, et celui de la langue des signes. Une situation qui est une richesse mais qui peut être aussi une source de malentendus.
Une Ardennaise derrière la caméra
Double intérêt pour le public ardennais : la vidéaste et réalisatrice d’origine ardennaise (et qui vit dans les Ardennes) Sylvie Jacquemin a signé les images du film de Brigitte Lemaine. Les deux femmes se connaissent depuis une douzaine d’années.
« Elle m’avait sensibilisée à la richesse de la culture sourde, à leur humour, à leur histoire. Proche de celle des Indiens, minorité aussi maltraitée », explique Sylvie Jacquemin qui mène un travail filmé sur les Indiens d’Amérique. « Personnellement, je suis de plus en plus intéressée à donner la parole et l’accès à l’image à des personnes trop injustement sous-médiatisées ».
Le rapprochement vient aussi du fait que les Indiens utilisaient la langue des signes pour communiquer entre tribus.
« J’ai eu envie d’apprendre cette merveilleuse langue gestuelle. Quand Brigitte Lemaine a eu besoin d’aide pour filmer cette histoire avec Elsa, j’étais loin d’être prête à « signer ». Mais, ça a été une belle occasion de plonger dans ce monde. Notre collaboration s’est déroulée de façon très souple et harmonieuse. J’ai dû apprendre à filmer et à cadrer d’une certaine façon, car pour comprendre une personne en langue des signes, il vaut mieux être de face, donc pas de plans de dos, ou au-dessus de l’épaule ».
Brigitte Lemaine et Sylvie Jacquemin seront présentes ce soir pour débattre avec le public. Présence également d’un interprète en langue française des signes.

Source : http://www.lunion.presse.fr © 16 Février 2011

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