La main des sourds

Sourds et muets, grugés par un prétendu prêtre malgache

Le tribunal correctionnel s’est penché hier sur une affaire d’abus de faiblesse. Trois victimes sourdes et muettes reprochent à un prétendu prêtre malgache de la Montagne de leur avoir extorqué 30 000, puis 50 000 euros entre 2001 et 2008 en menaçant de leur jeter des sorts. Le mis en cause nie les faits.

 

L’affaire avait été renvoyée en juin 2008, suite aux inexactitudes relevées par la défense sur la date des faits et à l’apparition d’une nouvelle victime à la veille de l’audience en correctionnelle. Un couple possessionnais de sourds et muets reprochait alors à Jean-Jacques Richard de les avoir “contraints” d’acheter deux voitures, des bijoux ainsi que des “cartes de protection” pour un total de 30 000 euros. La plainte avait été déposée en octobre 2003. Le mis en cause, prétendu prêtre malgache, niait toujours les faits hier à la barre alors que les deux victimes confirmaient leurs accusations, par le biais d’un interprète. Jean-Jacques Richard a uniquement reconnu avoir plus ou moins servi d’intermédiaire entre le couple et les vendeurs de voitures et de bijoux. Mais, selon le couple, l’organisateur de cérémonies malgaches menaçait de leur jeter des sorts pour arriver à ses fins, courant 2001 et 2002. Ils ont expliqué à nouveau hier qu’ils devaient déposer l’argent en haut d’une armoire chez eux, avant d’aller s’enfermer dans une autre pièce le temps que Jean-Jacques Richard récupère l’argent. Ce sont leurs enfants qui auraient servi d’interprète pour le mis en cause à l’époque, quand les échanges n’étaient pas écrits. La troisième victime, également sourde et muette, a porplainte en 2008 pour des faits similaires ayant débuté en 2002 et mettant en jeu une somme totale de 50 000 euros. Le président Morgan et ses assesseurs semblent avoir eu bien du mal à démêler cette affaire compliquée et parsemée de contradictions de la part des différents protagonistes. Un dialogue de sourds, au sens figuré comme au sens propre. Les échanges entre les différents avocats n’ont pas non plus été des plus apaisés. Me Avril, avocat de la défense, a conclu en soutenant qu’il n’y avait pas d’abus de faiblesse dans le dossier, les victimes étant considérées comme des individus “d’intelligence moyenne” par les experts. La vice-procureure Danielle Braud venait alors de requérir une peine de prison avec sursis assortie d’une mise à l’épreuve, sans compter l’indemnisation des victimes. Le tribunal donnera sa décision le 25 février prochain. Harry Amourani

Source : http://www.clicanoo.re © 29 Janvier 2011 à Réunion

1 commentaire
  1. gelder dit

    des salopards ils y en a de plus en plus profiter de l’ignorance des faibles et des andicaper c’est devenus chose courante

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