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Briser le silence grâce au chien écouteur

Un malentendant a du mal à se réveiller, et pour cause, il n’entend pas le réveil. Le chien écouteur se transforme alors en réveil, parfois à grands coups de langue. « C’est la dimension affective de la relation », sourit

La surdité, c’est un handicap qui n’est pas visible. Mais qui est très lourd… Être plongé dans le silence complique terriblement l’existence. « On n’entend pas le réveil, ni le téléphone ni quelqu’un frapper à la porte », fait remarquer Catherine Bire qui, avec son époux Frédéric, vient de créer l’association Chiens du silence. Pour cette passionnée d’équitation, le lien avec le monde animal était déjà solide. « Et puis, comme j’ai toujours voulu aider les handicapés… ».

C’est par hasard qu’ils tombent sur le site internet anglais des chiens écouteurs. « C’est très répandu là-bas ; d’ailleurs, nous y allons bientôt pour voir comment fonctionnent leurs structures. » Et ils ont en quelque sorte importé le concept et ils sont les seuls en France à préparer des chiens écouteurs, dans leur ferme d’Escondeaux. « Nous avons livré notre premier chien il y a un mois, à Périgueux, pour une jeune maman malentendante qui n’entendait pas son bébé pleurer la nuit et elle était isolée car elle n’entendait pas la sonnette. Depuis, sa vie a changé car dès qu’il y a un bruit, le chien vient prévenir sa maîtresse. »

Car les chiens écouteurs sont éduqués comme de vrais assistants de vie. « Leur formation dure 5 mois et elle est adaptée aux besoins de la personne. En ce moment, nous préparons un chien pour une mamie de Mourenx qui n’ose plus dormir de peur de ne pas entendre le téléphone si ses enfants appellent et qui n’ose plus cuisiner de peur d’oublier sa casserole sur la gazinière. Avec le chien écouteur, elle pourra retrouver une vie normale. »

Mais il n’y a pas que ça. « La surdité est un handicap qui isole car les malentendants ont, on le comprend, des difficultés à communiquer. Le fait d’avoir un chien qui est muni d’un gilet distinctif montre que la personne est handicapée et souvent, ça permet le dialogue. Et puis, ça rassure. » L’éducation des chiens, c’est le domaine de Catherine, qui a passé son monitorat. « Tout est basé sur le jeu et il faut des chiens qui soient très actifs pour réagir au moindre bruit. Et puis, on les adapte aux besoins de la personne. S’il doit vivre en appartement ou à la campagne, on choisira un chien différent. Mais, toujours, on noue une vraie relation entre la personne et le chien. » Qui est d’ailleurs suivi tout au long de sa carrière « professionnelle ».

Reste que tout ça a un coût. « Nous prêtons gratuitement les chiens ; alors, nous ne pouvons continuer qu’avec des partenaires, souligne Frédéric, président de l’association. Grâce à Jean Glavany, nous avons eu des fonds européens, on attend des aides du conseil général, de la MDPH. Et d’autres qui veulent s’investir. Car pour l’instant, nous fonctionnons sur nos fonds propres… » Souhaitons, en ce début d’année, que les partenaires ne resteront pas sourds


repères
Le chiffre :

Ordres gestuels > Éducation. Pendant leur formation, les chiens apprennent, entre autres, à obéir à une vingtaine d’ordres gestuels.

« Les chiens restent la propriété de l’association et sont prêtés gratuitement aux personnes handicapées. Nous avons besoin de partenaires. »

Source : http://www.ladepeche.fr © 06 Janvier 2011 à Hautes-Pyrénées

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