La main des sourds

Le voyage d’études de Mayu Suzuki : Une Japonaise sourde découvre la France

Mayu est en France depuis février 2010 jusqu’en janvier 2011.
Son objectif ? Observer, rencontrer, comprendre le monde des sourds en France, puis mettre à profit ces expériences afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes sourds au Japon


• Le cadre
Ce voyage a lieu dans le cadre du programme de “stages à l’étranger” qui est organisé par la Fondation Duskin au Japon pour la formation des leaders handicapés. Ce projet, créé en 1981, a pour but de recueillir dans le monde des informations sur l’insertion sociale et professionnelle des personnes sourdes. Jusqu’à présent, environ 400 étudiants japonais ont fait des recherches sur l’accessibilité, principalement aux Etats Unis et en Angleterre (en raison de la facilité de lecture en anglais)
Mayu est accueillie à Lyon par l’Institut pour la promotion de la Langue et de la Culture Sourde (ILCS), mais elle parcourt également toute la France : ainsi, elle visite les structures à Toulouse, Rennes, Bordeaux et Paris pour obtenir des informations. Elle est aidée également par des personnes en dehors des associations, qui constituent son réseau communautaire de sourds. Son outil de travail est principalement constitué par les interviews /vidéos, et elle cherche à rencontrer tous les milieux professionnels et sociaux.
Mayu remercie énormément les personnes qui l’ont soutenue dans ses démarches.

Le parcours de Mayu
Mayu est sourde de naissance. Elle a suivi une scolarité classique malgré de nombreuses difficultés, car les cours n’étaient pas adaptés à sa surdité. Pourtant, ses efforts constants et sa ténacité lui ont permis de rentrer à 18 ans à l’Université technologique de Tsukuba, une faculté nationale pour les handicapés auditifs et visuels. Son grand-père lui parlait beaucoup de la France, pays qui l’avait le plus touché,et il lui conseilla d’aller en France. A 25 ans, elle décide donc de faire son premier voyage, mais en touriste : “Au début, la LSF était difficile pour moi, mais avec l’entraînement et ayant auparavant rencontré plusieurs étudiants sourds français venus visiter le Japon, je me suis intéressée à la culture et la langue signée. J’ai pu faire de belle rencontres qui m’ont donné envie d’aller plus loin dans les échanges”

Elle est donc la première Japonaise du programme Duskin à s’intéresser au bien-être social des personnes sourdes en France, et aujourd’hui elle en profite pour apprendre le français écrit et lu, tout en améliorant sa pratique de la LSF. Bravo à elle !

• Les constats actuels :
Mayu constate qu’en France, la société sourde est assez avancée au niveau de l’accessibilité dans les lieux publics (surtout à Toulouse).Mais elle remarque aussi que si la Loi est positive, elle n’est pas toujours suivie dans tous les domaines.
Par contre, elle est étonnée par le système universitaire : contrairement au Japon, il n’existe pas d’université pour les étudiants sourds. En France, les étudiants sont dispersés dans les toutes universités du territoire, ce qui est souvent difficile en raison du manque d’interprètes de LSF et des moyens d’accompagnement en général. En ce qui concerne le monde du travail, elle trouve formidable la diversité des métiers accessibles : les personnes sourdes ont des métiers variés comme professeur de LSF, aide soignante, ingénieur, éducateur, artistes… alors qu’au Japon, les sourds sont le plus souvent dans les bureaux. D’après son expérience, la plupart des sourds français sont plus combatifs pour la reconnaissance de la LS. Ils militent et organisent des manifestations ensemble dans différentes régions, comme pour la Journée Mondiale des Sourds une fois par an. Elle ressent avec eux une forte solidarité et admire que les échanges puissent se faire avec des inconnus.

Les projets :
Lors de son retour au Japon, elle souhaite participer à une association pour militer et faire connaître aux sourds japonais le savoir-faire des Français, afin de les inciter à lutter pour l’amélioration des conditions de travail. Au Japon comme ailleurs, il faut que tout le monde puisse être autonome et participer activement à la société. Mayu présentera à son retour du Japon un Mémoire qui permettra, elle l’espère, une réelle reconnaissance de son travail, mais surtout une aide pour l’avancée de l’insertion professionnelle des sourds dans son pays.

• RENDEZ VOUS
Mayu a fait des conférences pour présenter son travail :
– Citoyens sourds-Paris le 2 octobre 2010 avec Christophe Lhuillier
– IVT-Paris le 28 octobre 2010 avec Jean-Yves Augros
– La compagnie de DEUX MAINS-Rennes le 20 novembre 2010 avec Joëlle Daniel

Joelle DANIEL

3 commentaires
  1. do dit

    bravo à cette japonaise sourde!!bon courage pour son avenir!!

  2. vanille dit

    FORTE PENSEE A TOI MAYU PENDANT CES DURS MOMENTS

  3. NGUEMA MVIE Cesar Landry dit

    bjr Mr ou Mme
    Je susi un sourds Nationalite Gabonaise residant à Libreville et membre actif de l’association des sourds muets du gabon.
    je sollicite une invitation de stage de formation dans votre association en mai 2012. pour 6 mois j’habiterai chez mon frère

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