La main des sourds

Trente ans de combats pour intégrer les enfants sourds

RAPPEL : Créée à l’initiative de parents, l’Arieda milite pour l’intégration des jeunes sourds en milieu scolaire ordinaire

« Quelle aventure… » Trente ans après, Marie-Claude Barrère témoigne d’une ère révolue. « Nos enfants étaient orientés vers des centres spécialisés. Nous, on ne savait pas exactement ce qu’on voulait, si ce n’est qu’on ne voulait pas de ça ». Désormais attachée de direction à l’Arieda, association régionale pour l’intégration et l’éducation des déficients auditifs, Marie-Claude Barrère est restée fidèle à la structure, qui fête ce week- end trente ans de mobilisation pour l’intégration des enfants sourds en milieu ordinaire.
Le combat a démarré à Montpellier, autour de l’équipe médicale du CHU, point de convergence pour des parents du Languedoc et du Roussillon confrontés à l’orientation systématique de leur enfant vers un centre spécialisé.
Le postulat de départ ne fait pas
l’unanimité : « Les parents fondateurs sont partis du principe que pour s’insérer, il faut maîtriser la communication », rappelle la directrice de l’Arieda, Florence Robert. « A l’époque, on pensait que ce n’était pas possible. Ça a marché parce que les parents et les professionnels y croyaient. » Beaucoup plus tard, en février 2005, la loi pour l’égalité des chances demandera l’intégration en milieu scolaire ordinaire. Vingt-cinq ans plus tôt, alors que les enfants ne sont pas encore appareillés d’implants auditifs, c’est loin d’être évident. Presque subversif : « Il y avait des intégrations sauvages », se souvient Marie-Claude Barrère. « Heureusement, on a eu affaire à des gens ouverts. Il a fallu expliquer, c’était totalement innovant. On n’a pas eu beaucoup de refus, il y avait toujours une solution ». Trente ans plus tard, l’Arieda soutient chaque année la scolarité de plus de 150 enfants dans l’Aude, l’Hérault, le Gard, la Lozère et les Pyrénées-Orientales via un Sessad (Service d’éducation spécialisée et de soins à domicile).
Florence Robert rappelle le cursus brillant de quelques-uns : architecte, docteurs en biologie, agents d’assurance… L’accompagnement se poursuit désormais dans les études supérieures, et pour des démarches administratives, l’accès aux loisirs … L’Arieda propose aussi des formations, y compris en langue des signes, « au-delà des querelles », précise la directrice : « Ça peut être un outil de communication pertinent, c’est aussi une manière de revendiquer son identité dans la différence ». Chaque année, pour mille naissances, un enfant est diagnostiqué sourd profond.

Source : http://www.midilibre.com © 15 Octobre 2010 à Montpellier

1 commentaire
  1. ali mossi dit

    bonjour,
    je suis conseiller technique à l’association des sourds du Niger.voilà presque cinq ans que j’oeuvre à coté des personnes sourdes et malentendantes du Niger en vu de leur intégration socio économique.nous manquons des ressources humaines et matériels , ce dans tous les domaines pour atteindre cet objectif. nous sollicitons votre appui et vos conseils en vu d’améliorer la situation.
    Ali Mossi ct/asn bp:11014 Niamey Niger
    tel: (+227) 96870717

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