La main des sourds

Sursis pour le conducteur sourd-muet accusé d’hoicide

Un jeune sourd et muet avait tué un piéton l’an dernier à Ruffec. Il était hier devant le tribunal pour homicide involontaire.

Le 15 octobre 2009, en passant devant le lycée Roc-Fleuri à Ruffec, Jean-Baptiste, 30 ans, au volant de sa camionnette, renversait un piéton de 85 ans. Jean-Pierre Ayrault devait décéder une heure et demie plus tard. Hier, Jean-Baptiste se retrouvait devant le tribunal correctionnel d’Angoulême pour y répondre d’homicide involontaire. Face à lui, un interprète en langue des signes traduisait tous les débats. Car Jean-Baptiste est sourd et muet. Et c’est son handicap qui est, indirectement, à l’origine de l’accident. Faute d’entendre le bruit du trafic, il doit fréquemment surveiller ses rétroviseurs. Cette fraction de seconde où il n’a pas regardé devant lui l’a empêché de voir que Jean-Pierre Ayrault venait de commencer à traverser la chaussée. Selon les témoins, le conducteur roulait doucement et sa victime traversait un peu après le passage pour piétons afin de rejoindre sa femme qui se trouvait déjà de l’autre côté.

«Le handicap n’est pas une circonstance

atténuante»

Pilote de moto, Jean-Baptiste revenait du Bol d’Or, avec sa moto dans la camionnette, quand l’accident s’est produit. «Vous avez donc des capacités d’anticipation supérieures à celles des autres conducteurs», remarque le président, Dominique Chinour. Pourtant, aujourd’hui, il ne sait toujours pas expliquer: «Je ne pouvais pas prévoir», répète-t-il.

Maître Cosset, qui représentait le fils et l’épouse de la victime, a mis en garde: «Le handicap n’est pas une circonstance atténuante.»

Maître Mayaud, l’avocat de Jean-Baptiste, a insisté sur le fait que son client n’avait jamais nié sa responsabilité et a souligné que le prévenu avait la chance d’avoir un travail dans une association spécialisée dans l’aide aux malentendants.

Le tribunal a condamné Jean-Baptiste à trois mois de prison avec sursis, et une suspension de son permis de conduire pendant trois mois. Quant à la requête des parties civiles qui réclamaient 15 000 euros, elle sera examinée le mardi 23 novembre.

Source : http://www.charentelibre.com © 13 Octobre 2010 à Ruffec

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