La main des sourds

Surdité : une intégration réussie

Constance est malentendante de naissance. Elle a suivi une scolarité normale. Un message d’espoir que veut faire passer Christine, sa maman, aux familles concernées.

Une grande complicité unit Christine et Constance qui a un souhait : devenir kiné

Constance, 15 ans, est en 3e au collège Paul-Valéry de Séméac. Rien d’étonnant, a priori, pour une collégienne qui suit une scolarité normale. À ceci près que Constance est malentendante depuis sa naissance. Et c’est pour attester que l’on peut être handicapée et scolarisée dans un cursus normal que Christine, sa maman, et Constance ont voulu témoigner. Car le parcours n’est pas toujours facile.

« Lorsque Constance a intégré l’école primaire, nous avons rencontré énormément de difficultés », avoue Christine. Parce que le « handicap fait peur », parce que, aussi, les « enseignants ne sont pas formés et préparés ». Pour autant, Constance bénéficiait du passage de « deux instituteurs itinérants formés à ce genre de handicap » deux fois par semaine, qui lui « apportaient de l’aide », ainsi qu’aux enseignants.

Mais il faut malgré tout faire face « à une équipe éducative qui reconnaît ”qu’il y a des résultats”, certes, mais que Constance « serait mieux dans une institution ». Des mots que Christine « ne pouvait entendre » : chaque fois qu’elle rencontrait l’équipe éducative, « j’avais l’estomac serré », voyant que sa fille « avait des facultés » et « sachant qu’elle pouvait faire plus de choses ».

Dans son combat, Christine a une « énorme chance », quelqu’un « qui est un moteur » : l’orthophoniste Marie-Jo Fischer, qui suit Constance depuis l’âge de 2 ans. « Parfois, vous avez des doutes ; on se dit non, elle n’y arrivera pas, elle va souffrir ». La réponse survient de l’orthophoniste : « Elle y arrivera ; avec des difficultés, certes, mais elle y arrivera ». Et Christine tient bon jusqu’au CM2. Puis, c’est le changement avec l’entrée au collège. Là, « j’ai trouvé autre chose : un encadrement par une auxiliaire de vie scolaire qui aide Constance dans sa scolarité ».

« Cela m’aide pour les contrôles ; elle reformule les choses que je n’ai pas comprises », explique Constance. « Constance est très attentive », mais si elle perd un mot, elle perd le fil conducteur. D’où l’importance de l’AVS à ses côtés.

Un souci survient « en 4e où on m’a dit ”on va baisser les heures de prise en charge de l’AVS” pour « amener Constance vers une plus grande autonomie ». Décision que ne supporte pas Christine, qui insiste auprès de la « MDPA
[Maison départementale des personnes handicapées] ; je leur ai dit que ce n’était pas possible : Constance est sourde, et sourde elle restera. Le handicap est permanent et on ne peut diminuer les moyens, d’autant qu’en 4e s’ajoute une seconde langue étrangère ». Le cri de la maman est entendu. Des problèmes d’intégration, Constance n’en a jamais eus. Jusqu’aux professeurs « qui se sont mobilisés pour l’épauler durant une période de battement entre le changement d’AVS ». Christine veut donner « un peu d’espoir aux parents concernés » en leur disant « il ne faut rien lâcher : ce sont des enfants qui ont des difficultés, mais quand il y a des restes auditifs, il faut les exploiter ». La mère et la fille ont aussi appris la langue des signes « au Greta. Au départ, c’est Constance qui le voulait », dit-elle. Mais « cela a un coût ». Par « chance, il a été financé par le club Soroptimist », sensible à leur souhait. L’an prochain, Constance entrera au lycée. Son objectif : devenir kiné.

Source : http://www.ladepeche.fr © 14 Octobre 2010 à Tarbes

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