Les sourds veulent faire entendre leurs maux

Gérard Wetzel président de l’association Sapience et Résistance, lui-même père d’une fille sourde, et Dominique Bachelet, présidente de l’Association pour la Promotion de la Langue des signes à Chalon ont milité pour la mise en place de ce réseau sourds santé en Bourgogne. Photo Benoit Montaggioni.

Handicap. Porté par plusieurs associations et un médecin Généraliste, un « Réseau Sourds Santé » devrait prochainement voir le jour en Bourgogne. Une façon de toucher un public éloigné de la médecine.

L’accès aux soins est aujourd’hui plus que compliqué pour les personnes sourdes. Un réseau d’associations se prépare à mettre en place un dispositif d’accompagnement.

12  000. C’est le nombre d’individus sourds sévères et profonds en Bourgogne. 2 011.  Le réseau pourrait voir le jour dès 2011 avec une première antenne à Chalon-sur-Saône.

Comment prendre un rendez-vous chez le généraliste quand la secrétaire ne parle pas votre langue ? Comment expliquer au médecin ce qui vous arrive, quand il ne sait pas lire ce que disent vos mains ?

Pour les 12 000 sourds sévères et profonds que compte la Bourgogne, se faire soigner est un véritable parcours du combattant. Dans toute la région, un seul médecin, à Dijon, maîtrise la langue des signes, il accueille près de 100 patients sourds.

Pour tous les autres, il faut se débrouiller. Le centre hospitalier le plus proche offrant les services d’un interprète est à Grenoble. « De nombreux sourds renoncent à se faire soigner », déplore Gérard Wetzel, président de l’association Sapience et Résistance. Dominique Bachelet, elle-même sourde, présidente de l’association pour la promotion de la langue des signes à Chalon, raconte « Ce n’est pas normal d’être obligé d’aller voir son médecin accompagné d’un proche ou d’un voisin pour traduire. Où est le secret médical ? ».

Un réseau en Bourgogne

Plusieurs associations veulent aujourd’hui lutter contre ce qu’elles considèrent comme une véritable discrimination, elles sont en train de mettre sur pied un réseau de santé à disposition des sourds de Bourgogne.

Le principe est simple, mais pourrait pourtant tout changer : dans des villes relais de la région, des secrétaires bilingues (français et langue des signes française) réceptionneraient par e-mail, visiophone (webcam améliorée), SMS ou même téléphone les besoins des personnes sourdes et ce serait ces secrétaires qui se chargeraient de prendre les rendez-vous chez les professionnels de santé.

Le jour de la consultation, le patient serait accompagné par un intermédiateur sourd, soumis à la règle du secret médical et capable de traduire aux médecins et d’éviter certains malentendus, car comme le rappelle Dominique Bachelet : « La langue des signes est une langue à part entière, avec sa culture, ses subtilités, une simple traduction ne suffit pas toujours à une compréhension totale. » Dans le Nord, l’expérience du réseau de santé a déjà été tentée, elle permet un accès au soin beaucoup moins problématique et a ainsi convaincu de nombreux sourds à utiliser leur carte Vitale autant que nécessaire.

Un manque de tact des médecins

Gérard Wetzel, lui-même père d’une jeune femme sourde a parfois constaté le manque de tact de certains professionnels de la santé : « Il est arrivé qu’un médecin note une simple indication sur un bout de papier et s’en aille, mais ça ne suffit pas. » Autant de situations d’exclusion qui provoquent chez les sourds un réel mal-être. « On ne nous prend pas toujours au sérieux, on nous croit débiles ou malpolis, on se sent vite isolés et incompris. Cela provoque une vraie souffrance », confie Dominique Bachelet. En France, il n’y a d’ailleurs pas de médecins sourds, les études supérieures ne laissent pas de place à ce public. Pourtant aux USA il existe aujourd’hui des formations adaptées aux métiers de médecin, mais aussi avocat ou notaire. « Nous sommes en train de secouer les parlementaires pour obtenir une reconnaissance de la qualification des intermédiateurs », rappelle Gérard Wetzel.

Le réseau porté par le collectif d’associations pourrait voir le jour dès début 2011. Chalon-sur-Saône qui a manifesté un vif intérêt pour le dispositif, pourrait accueillir la première antenne. Le coût de fonctionnement est estimé à 40 000 € : somme qui devrait principalement servir à financer les postes de secrétaires et d’intermédiateurs.

Source : http://www.lejsl.com © 21 Décembre 2010 à Chalon-sur-Saône

2 commentaires
  1. philippe dit

    vous avez faux et meuteur beaucoup
    ciao

  2. Philippe MERCIER dit

    écoeurse grand on oublie pas perdu de S.S
    SECUITE SOCIALE
    IL PERDU L ARGENT CA
    JE DIS MERDE

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