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Hauts de Seine Habitat

Défendre les intérêts des sourds

Les sourds et muets ont manifesté tantôt dans le silence mais aussi dans les cris, au signal de leurs meneurs.

Une manifestation nationale était organisée ce mardi 30 novembre afin de défendre l’intérêt des personnes atteintes de surdité et notamment les nouveaux nés.

À Arras, l’action était particulièrement bien relayée devant la préfecture. Il faut dire que la ville se dote de plusieurs structures pédagogiques ou associatives qui aident, accompagnent et défendent les sourds et muets. Les associations Le Trèfle, la Maison des Sourds et Point Phare étaient présentes.

Protéger une culture
Ce jour-là devant les portes de l’édifice préfectoral, une cinquantaine de personnes munies de pancartes étaient réunies pour faire entendre leur mécontentement. « Nous protestons contre la loi de dépistage qui prévoit de faire le test trois jours après la naissance, c’est beaucoup trop précoce selon nous, expliquait Camille Turek, médiatrice au sein de l’association le Trèfle, elle est actuellement étudiée à l’Assemblée nationale pour être transmise au Sénat, il est encore temps de réagir. Cette précocité est susceptible de casser le lien affectif entre les parents et l’enfant. De plus, les parents ne sont pas préparés et ne connaissent pas suffisamment les autres solutions. Nous pensons qu’il vaut mieux attendre 6 mois. » Au-delà de ce dépistage précoce, un autre sujet fait polémique parmi la communauté des sourds et muets, il s’agit de la pose systématique de l’implant cochléaire. « Il y a d’autres solutions que cet implant, les parents manquent d’information à ce sujet, poursuit André Viart, secrétaire général de la maison des sourds à Arras, l’implant fonctionne une fois sur deux et la personne ne sait pas à quoi les sons correspondent. De plus, c’est assez cher, ce n’est pas normal lorsqu’on sait que l’appareillage n’est pas remboursé et qu’il entraîne moins d’inconvénients. Avec l’implant on ne peut pas aller à la piscine ou prendre l’avion par exemple. » D’autre part, les personnes sourdes présentes ce jour-là ont fait comprendre que ce nouveau dispositif médical menaçait leur propre culture. « Le fait de parler en langage des signes n’est pas un handicap. Il s’agit juste d’une différence de langue », tente de faire comprendre Camille Turek. La pose systématique de l’implant contribuerait à perdre une culture visuelle et linguistique que la communauté des sourds et muets a développée.
Les présidents des associations ont pu être reçus par le secrétaire du préfet. D’autres mobilisations sont à prévoir.

Source : http://www.lavenirdelartois.fr © 08 Décembre 2010 à Arras

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