La main des sourds

Les sourds manifestent et se font entendre au CHU

Le directeur de l’hôpital est finalement sorti à la rencontre des manifestants, devant le bâtiment de direction du CHU. Il a proposé de rencontrer un groupe de travail mercredi prochain.

Près de 140 manifestants sourds et leurs proches ont investi le hall de l’hôpital de Poitiers, hier. Ils ont fini par rencontrer le directeur.

O ù est passé l’argent ? Voilà la question qui était sur toutes les lèvres, hier après-midi, dans le hall de la tour Jean-Bernard du centre hospitalier universitaire de Poitiers.
Près de 140 manifestants s’y étaient rassemblés à l’invitation de six associations poitevines représentant les personnes sourdes. Tous réclament la création d’une unité d’accueil et de soins pour sourds (UASS) en langue des signes française (LSF). Une unité pour laquelle le CHU de Poitiers a reçu plus de 530.000 € de financement du ministère de la Santé, de 2001 à 2005. « En 2005, les financements ont été suspendus car le CHU n’avait pas utilisé l’argent comme il se devait », explique le Dr Jérôme Laubreton. Ce médecin généraliste installé à La Roche-Posay est l’un des membres du groupe de travail qui planche, avec le Centre d’information sur la surdité Poitou-Charentes (CIS), sur la mise en place d’une UASS à Poitiers.
L’année 2005, c’est aussi celle de l’entrée en vigueur de la loi qui impose aux CHU de fournir un interprète en LSF à tout sourd qui en fait la demande. Une loi « bafouée à Poitiers », selon les manifestants, alors que la ville compte l’une des plus importantes populations sourdes du pays.
Réclamant une entrevue avec le directeur du CHU, Jean-Pierre Dewitte, les manifestants ont tout d’abord pu dialoguer avec l’ancien directeur des usagers, M. Autexier, qui s’est dit prêt à faire remonter leurs préoccupations à la direction du CHU, tout en assurant qu’ils ne pouvaient pas rencontrer le directeur, celui-ci « n’étant pas là ».

Le directeur était bien là

Un cortège s’est alors dirigé vers le bâtiment de direction, devant lequel stationnait la voiture de M. Dewitte. Sous les cris et les sifflets et grâce à l’intercession d’un délégué syndical CGT de l’hôpital, le directeur est finalement sorti, promettant de rencontrer une délégation, mercredi 15 décembre, à 18 h, dans la salle du conseil d’administration. Le début d’un réel dialogue ?

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 11 Décembre 2010 à Poitiers

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