Audrey Florenceau : « A cheval, je me sens comme les autres »

Audrey Florenceau. Née sourde, elle pratique l’équitation depuis qu’elle a 11 ans. La jeune Prinquelaise de 21 ans vient d’intégrer l’équipe de France handisport.

« Les sourds peuvent parler »

Sa maman, Françoise, a pratiqué l’équitation dans sa jeunesse. Elle lui montrait souvent ses albums photos. C’est comme ça qu’Audrey Florenceau en est venue à monter à cheval à son tour. Malgré sa surdité. « J’adore l’équitation. Quand je suis à cheval, je me sens comme les autres. Je ne pense plus aux difficultés que je rencontre chaque jour. » La jeune cavalière entend battre en brèche des a priori sur le handicap, le sien en particulier. « Les personnes sourdes ne sont pas forcément muettes, c’est mon cas. Certains sourds sont capables de parler mais ont fait le choix de ne pas le faire. J’aimerais montrer que les sourds peuvent parler, contrairement à ce que l’on croit. »

Beaucoup ont déclaré à Audrey qu’elle ne pourrait pas faire de concours d’équitation en raison de sa surdité. La plupart des gens pensent que la surdité engendre des problèmes d’équilibre, ce n’est pas le cas pour elle. Il n’y a pas d’incidence sur ses performances sportives. « Le handicap n’a rien à voir dans la compétition. Je peux faire comme les autres », assure la jeune femme. Ses résultats en témoignent.

Avec la complicité de Roxana Dam

En 2009, pendant le CSIO (concours de saut international officiel), un concours handisport a été présenté. Ce fut le déclic pour Audrey Florenceau. « Pourquoi pas moi ? », s’est-elle dit. Il lui fallait un cheval. Elle a acheté Roxana Dam, un selle français au mois de mars 2010, chez Christian Thomazo, cavalier professionnel, avec qui elle s’entraîne. La jument de 6 ans était juste débourrée (le débourrage est le dressage de base d’un cheval, le familiarisant avec le port d’une selle, d’un cavalier). Actuellement, elle est montée par sa cavalière tous les jours et, une fois par semaine, par un autre cavalier. L’apprentissage du saut n’a pas toujours été facile, Audrey en garde quelques bleus. Mais, avec l’aide d’entraîneurs, elle est arrivée au bout de sa formation et des techniques de saut.

Chère passion

Audrey Florenceau a débuté une formation BTS comptabilité en alternance. En raison de son handicap, elle ne bénéficiait pas d’un travail très passionnant et a dû rompre son contrat.

La pension de son cheval lui revient à 650 € par mois, la location d’un van et ses déplacements sont totalement à sa charge. Audrey envisage donc de créer sur son site audreyflorenceau@orange.fr une page dédiée aux sponsors.

Source : http://www.ouest-france.fr © 08 Décembre 2010 à Prinquiau

2 commentaires
  1. SOULIER dit

    Je suis cavalière sourde (semi-professionnelle de CSO (3eme catégorie) mais je suis étonnée pour le prix de pension de 650 € par mois (seulement le pension ou compris pour le travail par mois ?). Je suis salariée au centre équestre.

  2. florenceau dit

    Coucou,

    Je me permets de te répondre, c’est un prix moyen, comprenant une séance de travail par un cavalier pro, sans oublier les frais véto, frais marchéral !
    Donc c’est normal que c’est cher ;)

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