La main des sourds

À la clinique, on dépiste la surdité chez les bébés

Depuis un peu plus d’un an, une pédiatre vérifie l’audition de certains nouveau-nés. Selon elle, Océane est la seule maternité du Morbihan à proposer un tel test.
Pourquoi ? Comment ?

Comment parvient-on à détecter la surdité chez un nourrisson ?

La praticienne dispose d’une petite « machine » qui tient dans la main, ressemblant (de loin) à l’éthylomètre électronique dont se servent gendarmes et policiers lors de contrôles routiers.

Mais ici on ne souffle pas ! L’appareil est relié à un cordon doté d’un embout. On place cet embout dans l’oreille du nouveau-né. Un petit son jaillit. On voit, ainsi, si le bébé réagit ou pas.

Une autre technique de dépistage existe, mais elle est plus compliquée. Il s’agit d’un serre-tête doté d’électrodes. On le réserve aux nourrissons placés en réanimation ou en néonatalogie.

Il faut savoir qu’un enfant sur mille est touché par une déficience auditive moyenne ou profonde. Trois quarts des surdités infantiles sont d’origine génétique.

À quel moment peut-on effectuer ce test ?

À trois jours de vie. Le nouveau-né doit être impérativement endormi. Il ne doit pas y avoir, non plus, de bruit dans la chambre. La pédiatre reconnaît que l’examen doit, parfois, être pratiqué à plusieurs reprises, afin d’obtenir un résultat.

Un dépistage pour qui ?

Contrairement à certains pays européens, cette détection de la surdité bilatérale n’est pas encore systématique en France. La raison ? « Les conditions éthiques ne sont pas réunies, » explique le médecin.

20 %, environ, des bébés bénéficient donc de ce test actuellement. Il faut, bien évidemment, obtenir l’accord des parents auparavant.

Le dépistage d’une éventuelle surdité est ciblé. Il concerne les nourrissons à risques, c’est-à-dire avec des antécédents familiaux. Mais aussi les bambins nés prématurément ou souffrant de pathologies graves.

À noter que le 1er décembre, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi UMP visant à généraliser la détection des troubles de l’audition chez les bébés.

Quels sont les bénéfices d’un tel dépistage précoce ?

Ils sont réels, selon la praticienne. Il est pratiqué nettement avant l’acquisition de la parole. Les enfants sont, ensuite, pris en charge « par une équipe pluridisciplinaire ».

D’autres examens sont faits : tests génétiques, scanner, IRM, consultations ORL… « À deux mois, le nourrisson est entre de bonnes mains. À quatre, il est appareillé afin que son cerveau entende des signaux sonores. »

Quels types d’appareils auditifs sont possibles pour un bébé ?

Il y a d’abord l’implant cochléaire. Il sert à entendre des sons. Il est implanté dans l’oreille interne, ainsi qu’à l’arrière du crâne. « Cela ne nécessite pas une opération lourde. Elle se pratique à Nantes, Paris » Une fois cette intervention effectuée, un travail avec un orthophoniste est impératif.

Un tiers des bambins dépistés sont équipés d’un tel implant cochléaire entre 7 et 22 mois. Parmi les autres solutions possibles, il y a l’appareillage classique. Tout dépend, en fait, de l’anomalie de l’enfant.

Quels sont les avantages d’une telle détection précoce ?

Pour la pédiatre, elle permet « une scolarisation, une socialisation et une autonomie de l’enfant. Dépisté tardivement, il parlera mal. Dépisté tôt, il parlera normalement avec un implant. »

Source : http://www.ouest-france.fr © 10 Décembre 2010 à Vannes

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.