A la une

Une bulle de silence qu’il faut crever

Anthéa, âgée de 4 ans, est sourde à 80 %. Un handicap « qui n’est pas insurmontable » et que toute la famille affronte main dans la main.

Son handicap ? Il ne se voit pas. Tout juste peut-on deviner, derrière ses oreilles et ses jolies mèches blondes, un petit appareil. Pourtant, Anthéa est sourde. Un diagnostic tombé il y a maintenant deux ans, alors que ses parents se posaient mille questions.

« C’est subtil la surdité, analyse Nadia, sa mère. Surtout que quand elle est née, Anthéa entendait très bien. C’est après une opération qu’elle a subie que nous nous sommes interrogés sur son audition. On voyait bien qu’elle était dans sa bulle. Alors on testait, on l’appelait pour voir si elle se retournait ».

S’en est suivi un rendez-vous chez un ORL. Anthéa vient d’avoir deux ans. « Le médecin nous a dit qu’elle souffrait d’une surdité moyenne, c’est-à-dire qu’elle avait perdu 80 % de son audition ». Si les premiers moments qui ont suivi l’annonce de ce handicap ont été un choc pour toute la famille, Nadia avoue aussi qu’elle s’est sentie soulagée de mettre enfin des mots dessus. « Je savais ».

Ont pu alors commencer les rendez-vous chez les spécialistes, au CHU, à l’Institut départemental de jeunes sourds des Gravouses? « Nous sommes arrivés dans un monde inconnu, se souviennent Nadia et Francis, le père d’Anthéa. Mais nous avons été très bien accueillis et entourés. Surtout que tous les services travaillent ensemble ».

Aujourd’hui, Anthéa partage ses journées entre Clermont-Ferrand et Saint-Cirgues-sur-Couze. Elle se rend tous les matins aux Gravouses, afin d’apprendre la langue des signes, être suivie par un orthophoniste? L’après-midi, elle retrouve ses camarades de maternelle. « Elle a été très bien intégrée, et elle arrive facilement à se faire comprendre ».

Pour communiquer le plus aisément possible avec sa fille, Nadia a décidé également de suivre des cours de langue des signes. Tout ce qu’elle apprend, elle le retransmet ensuite à son compagnon et à ses autres enfants. « C’est vraiment un plus pour nous, et pour Anthéa ».

Car la famille sait très bien que le handicap de leur fille ne peut pas s’arranger avec le temps. « Au mieux, son ouïe peut rester stable. Au pire, elle peut arriver à une surdité profonde ». Une problématique que la famille gérera quand elle se présentera. « Il y aura des solutions ».

Pour l’instant, ils font tout leur possible pour communiquer au maximum avec Anthéa. « Nous savons que s’il y a trop de bruit dans la pièce, comme la télévision, elle ne nous entendra pas du tout ». Idem si elle est de dos. « Il faut alors se placer devant elle pour qu’elle nous comprenne. Si elle commence à nous parler en langue des signes, il faut que nous puissions la regarder. Nous ne pouvons pas avoir une autre activité en même temps ».

Si le quotidien n’est pas toujours facile, Nadia et Francis relativisent. « Il existe des handicaps beaucoup plus lourds. Nous savons aussi que notre fille a un avenir. Certes l’apprentissage sera plus long, comme pour la lecture, l’écriture. Oui elle devra faire ses preuves plus que les autres, affronter les regards. Mais elle pourra avoir un métier, une famille. Et nous serons là pour l’aider ».

Source : http://www.lamontagne.fr © 29 Novembre 2010 à Issoire

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
ajax-loader
Fermer

Adblock détecté

Cher lecteur, Vous voyez cette page car votre bloqueur de publicité est activé. Veuillez le désactivez puis cliquer sur "Accéder à Sourds.net" Pour vous remercier.