146 sourds traités en vingt années

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Médecine – Une thèse fait le bilan du programme d’implantation cochléaire au CHU de Besançon

Benjamin Schmitt est dorénavant chef de clinique au CHU de Besançon

Besançon. Benjamin Schmitt a fait son internat de médecine au service ORL du CHU de Besançon. Le 8 octobre dernier, il présentait sa thèse traçant le bilan de vingt années de programme d’implantation cochléaire dans l’hôpital régional. Implantation cochléaire ? « C’est une opération chirurgicale qui nécessite une anesthésie générale. Il s’agit d’implanter une prothèse électrique qui permet de pallier à une surdité profonde bilatérale. » L’intervention dure en moyenne deux heures. L’implant cochléaire permet de transformer les sons acoustiques en signaux électriques stimulant le nerf auditif. Et permet ainsi de rétablir, après rééducation, l’audition chez le public sourd répondant à certains critères. Il est facile effectivement de permettre l’audition à de jeunes enfants nés sourds ou à des adultes ayant perdu ce sens il y a peu. Mais l’implantation cochléaire est la plupart du temps inefficace chez les personnes sourdes depuis de nombreuses années.

À Besançon, la première implantation a eu lieu en 1990 chez un adulte. « Ce n’est qu’après 1994 que l’activité a progressivement augmenté. Par ailleurs, les bonnes performances obtenues chez les patients implantés et les progrès technologiques ont conduit à un élargissement des indications. »

Plus de dix personnes pour une pose

En vingt années, 72 enfants, de 13 mois à 15 ans, ont été implantés au CHU de Besançon. 74 adultes ont également bénéficié de cette opération. Le tout représente 146 patients pour 171 implants, car certains ont bénéficié d’implants bilatéraux. Voilà pour les chiffres, qui placent Besançon en bonne place dans le peloton des 25 centres proposant des implantations en France. Il faut le savoir, si le diagnostic et l’opération sont assurés par le médecin ORL en chirurgie cervico-faciale, la pose d’un implant implique une équipe de plus de dix personnes. Il y a les audioprothésistes régleurs mais aussi les orthophonistes pour la rééducation, les psychomotriciens. En amont et en aval, un bilan psychologique est également nécessaire.

À noter enfin que la Sécurité sociale prend en charge totalement l’implantation cochléaire qui permet aux personnes souffrant d’hypoacousie profonde de renouer avec les sons. Et par conséquent de renouer avec une scolarité normale pour la quasi-totalité des enfants ainsi qu’à une insertion professionnelle pour les adultes. Voire de nouvelles responsabilités. Une autre vie.

Source : http://www.estrepublicain.fr © 29 Novembre 2010 à Besançon

3 COMMENTS

  1. Je suis médecin régleur de l’implant cochléaire depuis 2008.( hôpital kouba Alger)..ma très grande satisfaction est de voir des parents d’enfants implantes , satisfait et heureux…

    • Si les parents sont satisfaits et heureux, et les pauvres enfants dans tout ça??? C’est vraiment très égoïste de votre part de ne penser qu’au bonheur des parents et de toucher de l’argent au nom d’une prétendue norme et d’un bien-entendre relatif et irrespectueux du libre arbitre des enfants en question! Une fois l’enfant implanté, vous ne vous souciez pas de son développement intellectuel, de son identité (en l’occurence ni entendant, ni sourd), de son bien-être et plaisir à communiquer (et non pas à répéter comme un perroquet et à être le seul à fournir des efforts énormes!) et bien d’autres…

  2. Je suis d’accord avec dr lsf.Vous avez encore beaucoup à apprendre de la surdité vous médecins!.Vous n’êtes spécialistes que de l’oreille anatomique,ce n’est qu’une toute toute toute petite partie de l’iceberg qu’est l’ensemble de la surdité!,désolée.Ayez le courage de nous consulter pour avoir une image moins fausse de la surdité et mieux répondre aux questions des parents(mauvaise idée de n’en tenir qu’aux entendants)!merci .Je vous propose,à vous médecins une réflexion ou plutôt 2…aviez-vous eu une seconde, une idée que cela puisse être possible qu’un enfant sourd après avoir subi une opération lourde qu’est la pose de l’implant puisse ne pas apprécier du tout le bruit?,vous y avez pensé?, des sourds qui n’acceptent jamais le moindre bruit,préfèrant vivre strictement dans le silence,ça existe vraiment(c’est mon cas,désolée)…accepteriez-vous qu’un jour ,un adolescent que vous aviez implanté enfant selon le désir parental vous demande de se faire désimplanter complètement et de se faire reconstituer sa boîte crânienne(os mastoïde) sans demander l’avis de ses parents?(les adolescentes le font bien pour la contraception,l’IVG…et pourquoi ne pas permettre aux jeunes sourds de décider pour leurs oreilles à partir de l’âge de 16 ans?tant qu’on y est)vous y avez pensé vous?il faut se préparer à cela car la crise d’idendité à l’adolescence est forte,comme il y a banalisation de l’implantation chez l’enfant,il faut se préparer à la banalisation de la désimplantation des adolescents ou jeunes adultes sourds pour être eux-mêmes!!!…l’image réelle de soi de la personne sourde devient pleinement consciente à l’adolescence car à l’adolescence,il est naturel de se démarquer des parents,ce n’est pas la première fois que je vois ça!vous y avez pensé?…je pense que le fait d’implanter des enfants pour « satisfaire » les parents est une erreur,à mon avis,c’est permettre à les faire croire que c’est possible que l’image de leur enfant soit à leur image,en déniant l’image réelle de l’enfant alors que l’image réelle l’est pour toute la vie de l’enfant qui deviendra adulte..vous y avez pensé vous médecins?vous oubliez trop de choses…vous ne pensez qu’à votre image et pas à leur image,c’est ça qui ne va pas!

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