Les postiers suivent les signes à la lettre

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Dix postiers de la plate-forme courrier de Migné se forment au langage des signes pour mieux communiquer avec leurs collègues malentendants.

Dix postiers suivent des cours de langage des signes.

I ls font sans cesse des efforts pour nous comprendre, on peut bien leur rendre la pareille. En une phrase, ce postier a résumé l’état d’esprit des neuf collègues de la plateforme industrielle courrier (PIC) de Migné-Auxances qui, avec lui, se sont engagés pour une formation de 36 heures consacrée à l’apprentissage des rudiments du langage des signes. « Cette formation est une première, explique la direction de la PIC. Elle est née de la demande des syndicats qui souhaitaient ainsi permettre à deux de leurs collègues malentendants de participer pleinement à la vie de leur entreprise. »

Cent candidats

La motivation syndicale était largement partagée puisque 100 des 300 salariés de la PIC se sont inscrits pour cette session de formation. « Il n’y avait que dix places disponibles. Puisque cette formation est destinée à faciliter leur intégration, ce sont nos deux collègues malentendants qui ont fait la sélection. » Depuis plusieurs semaines, à raison de trois heures hebdomadaires, ces dix postiers apprennent langage des signes sous la houlette de Magdaléna Lacroix, formatrice à l’association 2LPE (Deux langues pour une éducation *). Celle-ci leur enseigne « les signes standards et des bases de communication adaptés à leur situation professionnelle ». Malentendante elle-même, la formatrice souscrit pleinement à l’initiative de l’entreprise : « Beaucoup de sourds sont isolés dans les entreprises, assure-t-elle. Pas forcément dans le travail, où les postes sont adaptés, mais dans la vie courante, les pauses, le déjeuner, etc. »

Poursuivre l’expérience

Les stagiaires en sont aujourd’hui à la moitié de leur formation, « l’intégration se fait de mieux en mieux », assurent-ils. « Avant, nos collègues devaient écrire sur un bout de papier ce qu’ils avaient à nous dire, aujourd’hui, on se comprend plus vite. C’est nous qui nous adaptons à leur handicap. On se sent moins bête… » Certains comptent même poursuivre l’expérience après cette formation, « par exemple en participant à des rencontres avec des malentendants, comme ça se fait au LM Café à Poitiers ». Retrouver ses collègues de boulot au comptoir, c’est aussi ça l’intégration.

(*) 2LPE : 9, avenue Robert-Schumann à Poitiers, www.2lpeco.fr

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 18 Novembre 2010 à Poitiers

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