École et surdité, parcours du combattant

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À 31 ans, Anne-Sophie Le Leuc'h est psychologue.

Journée dédiée à la surdité samedi. Anne-Sophie Le Leuc’h présente son parcours scolaire en tant que sourde-muette.

Trois questions à…

Anne-Sophie Le Leuc’h, 31 ans, psychologue et sourde-muette.

Dans votre parcours scolaire et universitaire, quel a été le principal obstacle ?

La surdité pose un problème de communication avant tout. Même avec la lecture labiale. À l’université, c’était un parcours du combattant. À la différence d’un étudiant classique, il me fallait contacter les professeurs à l’avance pour demander les contenus des cours. Certains profs refusent : il faut alors insister jusqu’à ce qu’ils acceptent.

Qu’est-ce qui vous a le plus aidée au cours de votre parcours ?

L’entraide. Pour construire mon identité, il était indispensable de m’entourer de gens qui savaient parler la langue des signes. Imaginez-vous dans une classe remplie de gens dont vous ne parlez pas la langue… À l’Université de Rennes, grâce à l’association Urapeda, une personne m’accompagnait aux cours pour traduire. Et un étudiant prenait des notes pour moi.

Selon vous, que faudrait-il améliorer pour faciliter le parcours scolaire des sourds ?

Les professeurs qui enseignent aux élèves sourds devraient être formés, non seulement à la langue des signes, mais aussi à toute la culture sourde. Pour nous, l’environnement est complètement différent. Nous compensons notre handicap. Les vibrations, par exemple, sont beaucoup plus importantes. Quand un train passe, nous ne l’entendons pas, mais nous le sentons.

Source : http://www.ouest-france.fr © 08 Novembre 2010 à Rennes

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