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Sourde, la Bailleuloise Lidwine Dupont ouvre un salon de toilettage ambulant

Lidwine Dupont marche aux vibrations, au toucher, avec les chiens qu'elle chouchoute comme ce cocker de 12 ans, hier à Méteren.

C’est un rêve éveillé que vit Lidwine Dupont depuis lundi. La Bailleuloise, 18 ans, a pris le volant de son « Lili Cani Mobil ». Coupe, shampooing, brushing : elle chouchoute toutes les races de chiens. Une belle revanche pour celle qui fut moquée par ses camarades de lycée à cause de sa surdité.

De bouche à oreille, son carnet de réservation se remplit. « Salon de toilettage Lili Cani Mobil bonjour ! », décroche Virginie Dupont, 39 ans. Sa fille, Lidwine alias « Lili », ne peut pas répondre. Même avec des amplificateurs auditifs, la jeune Bailleuloise « est perdue au téléphone », explique sa mère.

Lidwine Dupont vit avec sa surdité profonde depuis l’âge de 2 ans. À 13 ans, elle décide de se faire poser par opération des implants cochléaires. Son handicap devient un complexe au lycée : moqueries, quolibets… Ses camarades de classe l’insupportent. Elle abandonne le bac et trouve son réconfort au contact des chiens.

En début d’année, la Bailleuloise se réoriente dans le toilettage canin : « Parce que les animaux ne me jugent pas », confesse-t-elle. Sa formation bouclée en quatre mois à l’institut canin de Neuf-Berquin, Lidwine Dupont façonne un projet de salon ambulant avec son père, François, qui travaille dans l’entreprise Hédimag, à Hazebrouck. Cette fois, ce n’est pas la réplique de la friterie « Chez Momo » qu’il construit, mais bien un espace entièrement aménagé pour la coupe, le shampooing et le brushing de notre gentil toutou.

Permis en poche, Lidwine Dupont, s’est mise au volant de son salon de toilettage ambulant lundi. « J’ai eu l’impression que mon rêve s’est réalisé. » Le retard d’un mois pris dans la livraison du véhicule n’a pas entamé son enthousiasme. Ni les 45 000 E qu’elle a investis, avec le soutien de sa famille et de subventions de l’AGEFIPH notamment, une association privée pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.

Tout juste manque-t-il, à son goût, un poste de radio dans son salon. La musique, c’est son autre passion, grâce à ses amplificateurs. Avec une chanson de Grégory Lemarchal en sourdine, son modèle. « Il a eu beaucoup de courage pour affronter sa maladie, murmure la jeune Bailleuloise, solitaire dans l’âme. Il ne s’est jamais plaint aux autres. »

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 28 Octobre 2010 à Méteren

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