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Journée mondiale contre la surdité – 29 septembre

La Fédération Mondiale des Sourds recommande à toutes les associations nationales membres (123 pays) d’organiser la journée mondiale des sourds dans la dernière semaine ou le dernier samedi du mois de septembre. Cependant, certaines associations avec leurs organisations locales organisent des manifestations à des dates différentes. Le but est de sensibiliser la population à la reconnaissance de la culture sourde et la langue des signes. Curieusement donc, la Journée Mondiale des Sourds n’a pas lieu partout à la même date.

Un peu d’histoire : Connaissez-vous le langage des sourds ?

L’Institution Nationale de Jeunes Sourds de Paris est un lieu riche d’histoire. A l’origine, l’Institution des Sourds de naissance fut créée sous la Constituante, par la loi du 21 et 29 juillet 1791. Elle avait pour finalité la poursuite de l’œuvre philanthropique de l’abbé Charles-Michel de l’Epée (1712-1789).

L’abbé de l’Épée qui était avocat au Parlement de Paris, s’était dévoué pour les pauvres et les indigents. Il dispensait à l’occasion des enseignements à des étudiants entendants. Il advint qu’une rencontre fortuite changea le cours de sa destinée, lorsqu’en 1760 il fut mis en présence de sœurs jumelles sourdes et muettes. Leur précepteur, le Père Vanin venait de décéder fin 1759. Jacob Rodrigues Péreire, précepteur oraliste d’enfants sourds, ayant acquis une notoriété à la cour du roi, n’enseignait alors qu’à quelques sourds et sourdes privilégiés par leur rang social ou le soutien protecteur de quelques nobles en charges. L’abbé de l’Epée venait de découvrir deux nouvelles élèves, pour lesquelles les voies traditionnelles de l’enseignement restaient lettre morte. Sa philosophie augustinienne l’autorisait à voir dans les gestes de ses deux protégées des signes représentant directement les idées. Il imagina donc une langue de signes gestuels naturels, ordonnés selon la syntaxe française, cette syntaxe étant aperçue comme la représentation de la logique universelle humaine.

L’abbé de l’Epée comprit les enjeux de la langue gestuelle. Il ignorait la langue des signes que pratiquait la communauté des sourds parisiens. Cette langue existait bien, ainsi qu’en témoigne un devenu sourd, Pierre Desloges, dans le livre qu’il fit éditer en 1779. Le projet de l’abbé de l’Epée portait bien au-delà de la classe qu’il ouvrit dans la maison familial près du Louvre à Paris ; ayant réunit les enfants sourds de plusieurs pensions de son quartier il conçut de développer une langue gestuelle universelle que les entendants de toutes les nations pourraient apprendre dans des Collèges.

Par l’instruction dispensée, l’abbé de l’Epée rendait ses élèves sourds de tout âge non seulement à la citoyenneté, mais les intégrait encore à un projet de paix : les gestes avaient la faculté de traverser des frontières que les langues orales franchissent difficilement. À son décès, l’abbé de l’Epée instruisait près d’une centaine d’élèves.

L’abbé de l’Epée réussit à réunir une population abandonnée jusqu’alors ; Les silencieux prirent en charge la défense de leurs droits à la citoyenneté, et de leurs intérêts les plus légitimes : se marier librement, converser selon leur langue, s’associer afin d’assurer des fonctions déficitaires dans les domaines les plus diversités, de la mutualité, de la formation adulte, de l’interprétariat des tribunaux.

Controverses et disputes furent pour l’abbé de l’Epée des sujets de réflexion : devait-on préférer la dactylologie, l’alphabet manuel espagnol, aux signes gestuels, pour permettre une meilleure appropriation de la langue française ? Péreire était un Dactylologiste avisé ; il avait conçu un alphabet phonétique plus expéditif que l’alphabet manuel figurant les lettres traditionnelles : deux représentations visuelles de la langue française s’affrontaient donc en France, au cours de la dernière génération du 18ème siècle ; l’une représentait les idées par des signes, et l’autre ne figurait manuellement que la forme des mots par l’épellation alphabétique. Ainsi commençait la querelle des dactylologistes : l’abbé de l’Epée leur opposait une représentation des entités spirituelles, préférable à la simple restitution d’une enveloppe vide de sens.

L’abbé de l’Epée soutenait l’importance des gestes pour l’essor de l’intelligence et l’existence d’une mémoire visuelle suppléant la mémoire auditive. Son action prouva l’éducabilité des sourds dans différents domaines, car ses traités pédagogiques, publiés anonymement en 1776 et 17843, abordaient déjà la lecture sur les lèvres et l’apprentissage de l’articulation chez le petit enfant sourd. Il mettait en garde contre les préjugés tenaces qui assuraient l’indigence des signes gestuels, et la supériorité de la parole comme unique moyen d’enseignement des sourds. L’abbé de l’Epée rappelait que trop souvent, dans une éducation strictement orale, le temps dispensé, les difficultés rencontrés et les résultats obtenus, devaient inviter les précepteurs et les pédagogues à réfléchir sur la priorité accordée soit à la possession d’une langue orale purement mécanique, dépourvue de spontanéité, soit à la culture de l’intelligence par d’autres moyens de communication, dont les signes, l’écriture et la lecture, qui permettraient à chacun de se cultiver bien au-delà de l’école.

L’abbé de l’Epée proposait une méthode ouverte, dans la mesure où il sut tenir compte des critiques de ses concurrents. il invitait d’ailleurs tout instituteur à perfectionner la voie qu’il ouvrit. Il forma de nombreux maîtres qui portèrent sa méthode en Espagne, en Autriche, en Italie, en Hollande… Sa langue universelle se constituait de signes naturels assujettis à des signes de son invention, à savoir, les signes méthodiques traduisant les désinences et les flexions verbales, les catégories du discours, les conjonctions… Elle fut pratiquée dans de nombreux pays jusqu’en 1830. Mais n’oublions pas que cette technique de visualisation gestuelle des langues orales connaît périodiquement de nouvelles versions, avec des anglais signés divers et de nouvelles versions du français signé.

Vers la même époque, la langue des signes, celle des sourds, langue à part entière, avec une syntaxe et une grammaire indépendantes des langues orales, s’était considérablement perfectionnée sous l’action conjuguée d’un pédagogue entendant, Augustin Bébian (1789-1839), et des premiers enseignants sourds. Bébian avait appris le langage naturel des Sourds-et-Muets dans son enfance : c’était le filleul de l’abbé Sicard, qui succédera à l’abbé de l’Épée. Bébian fut l’auteur d’ouvrages remarquables sur la gestualité. Il publia en 1824 une Mimographie, essai d’écriture des signes naturels.

Source : http://nocesivoire.com © 28 Septembre 2010 à Ivoire

9 commentaires
  1. BERJON Nathalie dit

    Le titre me dérange : journée mondiale CONTRE la surdité…
    Est-ce vraiment contre la surdité, ou bien pour le soutien des sourds dans la société ?

    1. DELLA VALLE Julien dit

      moi aussi, “CONTRE” est un mot mal choisi ou “la surdité” n’est pas meilleur. Je pense que le meilleur titre, que je propose, est “La journée mondiale contre l’audisme” ou plus simple “La journée mondiale des sourds”.
      En fait, j’ai le mauvais pressentiment après avoir vu le titre !

  2. Bernard Leray dit

    La journée mondiale CONTRE la surdité…!! – Effectivement il faut voir pour une autre appellation de cette journée et qu’elle se tienne le même jour ! – Ça manque un peu de cohésion – Si les sourds ne peuvent pas s’entendre, où va-t-on ? (-; – B.

  3. Marseille dit

    Journée mondiale contre la surdité veut dire que vous nous enfoncez dans le trou du cul et que vous nous tirez du plus bas !

    Quelle honte de prendre ce titre ! Changez de titre immédiatement et faites des excuses auprès du public !

  4. Vincent dit

    C’est une erreur… le titre officiel de la Fédération Mondiale des sourds est : La Journée Mondiale des Sourds (International Deaf Day en anglais)…

  5. Abeille dit

    Je ne sais pas si c’est le bon endroit pour mon intervention, mais tant pis.
    je voudrais parler pour les malentendants, comme moi, qui ont le “derrière entre deux chaises”…
    Nous ne sommes ni sourds ni entendants, souvent ignorés car appareillés nous sommes censés être comme les gens “normaux”. Mais un appareillage, même si c’est merveilleux, ce n’est pas une solution miracle.
    Nous sommes toujours dans l’effort et la concentration pour pouvoir comprendre ce qui se dit autour de nous… je parle bien sûr des malentendants qui ont une grosse perte auditive, supérieure à 80 %, comme moi, mais c’est sûrement pareil pour les autres. Quand je perçois l’agacement de certaines personnes, qui sont parfois obligées de répéter parce que je n’ai pas compris, je ne dis rien, je passe outre. Mais ici j’aimerais leur dire ce que je pense au fond de moi.
    Bien sûr c’est agaçant de répéter, je comprend ça, mais bien souvent, nous les malentendants, nous ne sommes pas légion dans l’entourage des entendants, il ne font donc cet effort qu’avec quelques-uns d’entre nous….mais nous, l’effort de concentration sur ce qui nous est dit est permanent….chaque personne qui nous parle sollicite notre attention maximale….et quand nous sommes fatigués, la concentration diminue et nous sommes souvent obligés de faire répéter….et quand nous sommes dans un groupe de personnes, les difficultés sont énormes pour communiquer dans le brouhaha.
    Voilà, je souhaitais simplement apporter un éclairage sur ma façon de voir ce problème, pour améliorer la communication malentendant-entendant. Quand on se comprend, la communication se passe mieux. Car mon désir c’est de pouvoir communiquer avec tout le monde, entendants, malentendants, sourds, car communiquer c’est vivre et partager.

  6. SEAU dit

    Aie ! pour le titre …. contre la surdité…
    Fallait penser une autre titre par exemple “la journée mondiale des sourds”, cela veut que nous, sourds, sommes fiers de l’être…. ce titre me semble que les participants sont anti-sourds…. aie !!!

  7. Noces ivoire dit

    Bonjour chers internautes de sourds.net,
    . Le titre dérange certains c’est vrai cependant quand on dit :journée Mondiale contre la surdité, il faut savoir que l’on lutte contre la surdité qui est une pathologie qui est réversible selon le degré d’audition
    c’est dans le même sens que l’on dit: journée mondiale contre le sida, mais cela ne veux pas dire que l’on en veut aux sidéens. Au contraire…
    c’est aussi pour lutter contre la surdité que l’on met sur les ipod et autres appareils portatifs de musique l’inscription: l’écoute prolongée a forte puissance peut endommager l’oreille.
    Je vous engage donc plus a considérer le contenu de l’article . Pour plus d’informations consulter le lien de Wikipédia:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Surdit%C3%A9

  8. patricia.arolle sosso bozolte dit

    bonjour
    je suis sourde patricia bien communication bien je ne sourd média pas annuler c, est bizarre difficile malade non non non merci

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