« Les mentalités doivent évoluer »

Lila Bensebaa Elle participe demain à la marche pour la fierté des sourds

Lila plaide pour une plus large diffusion de la langue des signes française.

Le centre socioculturel des sourds de Loire-Atlantique, dont Lila Bensebaa est la présidente, organise ce samedi la Journée mondiale des sourds à Nantes. Dans le département, ils seraient environ 500. Entretien.

Quel est le but de la journée demain ?
L’objectif est de rendre hommage à la culture sourde et de célébrer les cinq ans de la reconnaissance officielle de la langue des signes française (LSF). C’est une langue à part entière qui devrait être diffusée davantage. Il y a encore beaucoup de discriminations à l’égard des sourds, les mentalités doivent évoluer.

Qui visez-vous par exemple ?
Le milieu médical. Il nous réduit trop souvent à l’état de malades, en avançant que l’on pourra bientôt guérir la surdité. Ce discours rassure les parents mais empêche l’enfant sourd de s’affirmer.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés au quotidien ?
L’accès à la culture est compliqué. Il n’y a pas toujours d’audio-guides dans les musées, il faut se présenter à certaines heures. Au cinéma, seuls certains films étrangers sont sous-titrés. Au niveau administratif, quelques services publics proposent un accompagnement. Mais là aussi, c’est souvent une seule fois par semaine, pas quand on veut, et la qualité des interprètes laisse à désirer.
Y a-t-il des améliorations?
Bien sûr, en particulier à Nantes. La mairie fait beaucoup pour faciliter les démarches administratives. Au CHU, un service spécialisé s’est créé. Et puis on peut parler au téléphone, grâce à un interprète à distance. Ça change la vie!

Vous vous battez aussi pour l’éducation bilingue (LSF/français) ?
Il n’y a aucune école 100 % bilingue à Nantes, comme il y en a pour le breton. Il y a bien un institut public spécialisé (la Persagotière) mais il mêle différents systèmes pédagogiques. Le bilinguisme, avec deux enseignants en classe, c’est le meilleur moyen de développer le savoir et de faire progresser l’élève sourd.

Source : http://www.20minutes.fr © 24 Septembre 2010 à Nantes

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