Faut-il organiser un dépistage généralisé des troubles de l’audition ?

La généralisation du dépistage précoce des troubles de l’audition est une mesure “possible et souhaitable”, selon les conclusions d’une mission parlementaire confiée par le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, à trois députés. En préambule, Jean-Pierre Dupont (Corrèze), Edwige Antier (Paris) et Jean-François Chossy (Loire) rappellent que plusieurs pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Luxembourg) proposent un dépistage généralisé de la surdité chez les nouveau-nés. En revanche, ce dernier n’est pratiqué que “dans la moitié des maternités”, en France.

Alors que l’on dénombre “environ 2.000 enfants sourds par année d’âge”, le dépistage demeure trop tardif dans notre pays, à 16 mois en moyenne, regrettent ces politiques. D’autant plus que la précocité d’un repérage est “primordiale” pour la prise en charge, que ce soit en termes de communication ou d’appareillage. Après l’audition d’experts et d’associations, les députés recommandent un dépistage en deux temps, “en maternité, puis éventuellement en centre spécialisé avant les trois mois de l’enfant”.

Le rapport souligne que ce type de dépistage fait l’objet, depuis 2005, d’une expérimentation de faisabilité de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) dans 38 maternités de six villes (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse). Ses résultats sont “très encourageants” : avec 150.000 enfants inclus en 2005-2007 (dont 1.500 présentant des troubles), le taux d’acceptation par les familles est de 98 % et l’âge au dépistage des troubles est passé de seize à quatre mois en moyenne, débouchant sur une prise en charge plus précoce.

De plus, la mise en place d’un tel dépistage est prônée par la Haute Autorité de santé, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et l’Académie nationale de médecine. Et, malgré cela, cette mesure n’a pas été prévue par le plan gouvernemental de lutte contre la surdité 2010-2012 annoncé en février. C’est pourquoi ces députés concluent leur rapport par une proposition de loi visant à généraliser ce dépistage précoce, un texte qu’ils espèrent voir adopter dans le cadre de la révision, prévue pour 2011, de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

Source : http://www.lepoint.fr © 23 Aout 2010 à France

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