Laëtitia traduit des concerts pour les sourds

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Afin de rendre les spectacles et les concerts accessibles aux sourds, Laëtitia Thuel combineses talents de danseuse et sa pratique de la langue des signes.

« Je n’ai pas encore rencontré quelqu’un comme moi », lance Laëtitia Thuel. Cette jeune Rezéenne au caractère bien trempé a raison, son talent n’est pas courant. Elle pratique depuis 14 ans la langue des signes dans le domaine culturel. Grâce à elle, les spectacles et concerts sont compréhensibles pour les sourds. Mais attention, ce n’est pas une simple traductrice. « Je ne fais pas du sous-titrage. Je suis sur la scène avec les artistes, j’ai un rôle à part entière. Si c’est pour traduire qu’une partie du spectacle, je ne viens pas. » Son interprétation du spectacle est donc artistique.

« Un nouveau mode d’expression »

Langue des signes et spectacle vivant, un mélange qui s’explique par les origines de Laëtitia. « Je suis né dans une famille d’artistes. Chant, danse, théâtre Depuis toute petite, je baigne dans le monde du spectacle. » Pourtant elle suit un parcours classique, un baccalauréat littéraire suivi d’études de psychologie. C’est alors qu’elle découvre la langue des signes. « Un nouveau mode d’expression pour moi, différent de la danse ou du théâtre. »

Elle apprend vite au milieu des sourds et devient une interprète en langue des signes. « J’ai toujours continué à faire du spectacle à côté, et petit à petit, les deux se sont combinés. » Comment décrire une musique ou un chant à un sourd ? Laëtitia se sert de son corps et de la danse pour transposer l’univers de l’artiste sur scène. « On sait tous si on aime le rock, le métal, le hip hopEux ne le savent pas. L’important pour moi c’est qu’ils choisissent leur style de musique. »

Elle enchaîne les spectacles

La jeune femme de 29 ans travaille aujourd’hui dans une association nantaise, Tout art et culture, en tant qu’interface culturelle. Mais aussi pour son propre compte, avec Tréma, l’entreprise qu’elle a fondée. Concerts à la Barakason de Rezé, festival Hip-Hop’session, chorale silencieuse place Graslin… L’agenda est bien rempli. « Ces derniers temps j’ai eu pas mal de réponses positives de la part des artistes que je contacte. C’est bon signe pour la culture sourde. Mais, l’objectif de mon métier est de disparaître à long terme. Cela arrivera le jour où tout le monde parlera la langue. »

Un rêve pour Laëtitia. Elle-même ne peut se retenir de répondre aux questions en langue des signes.

Pour les curieux, la prochaine intervention de la Rezéenne se déroulera le samedi 28 août, lors des Rendez-vous de l’Erdre

Source : http://www.ouest-france.fr © 22 Juillet 2010 à Nantes

6 COMMENTS

  1. Félicitations LAETITIA, moi aussi j’aime traduire les chansons en LSF. Souvent quand les sourds sont avec moi dans la salle et qu’il y a une chanson que je connais je la traduis. Je suis malentendante, toute ma jeunesse j’ai écouté pleins de chansons, appris les textes. Le + dur maintenant car je ne suis plus les chanteurs. Ceux d’autrefois (année 60 à 90) étaient super.
    Bonne contination bon courage §

  2. Bonjour,

    J’aimerai depuis des années faire ce métier, c’est mon reve. Ca, et ouvrir une association de danse pour sourds et entendants.

    Pourrais-je avoir son mail pour des questions à ce sujet s’il vous plait?

    Merci d’avance
    Liliane Chekir

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