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Les sourds peuvent maintenant communiquer avec une webcam

Grâce à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, l’IRDPQ, il est maintenant possible depuis un peu plus d’un an pour plus de 400 sourds des régions de Québec, Portneuf et Charlevoix utilisant la langue des signes québécoise de communiquer avec l’Institut, ce qui constituerait une première québécoise.
Cette façon de communiquer serait d’ailleurs de plus en plus utilisée par la communauté sourde et faciliterait de beaucoup les contacts entre les personnes sourdes et le personnel de l’IRDPQ.

«Tout a débuté par un projet de recherche qui a pris son envol dans les premiers mois de l’année 2006, a mentionné l’audiologiste Mathieu Hotton. On en parlait depuis quelques années déjà, mais c’est à compter de ce moment qu’avec deux chercheurs du centre de recherche de l’Institut, Claude Vincent et François Bergeron, nous avons analysé différentes techniques de vidéo-conférence. En fait, nous avons choisi quatre logiciels spécialisés et la communication écrite avec le téléphone téléscripteur (ATS).»

Les chercheurs ont ensuite expérimenté les logiciels et l’ATS avec une trentaine de sourds selon une échelle de trois niveaux, soit de base, avec des mots et es phrases ainsi que par des mises en situation.

«Même si les sourds se sont dits satisfaits d’utiliser les téléscripteurs, il en est sorti que les communications avec les quatre logiciels étaient plus efficientes en vidéo-conférence qu’avec l’ATS, spécifie l’une des deux chercheurs, Claude Vincent. La webcam fait sauver beaucoup de temps, facilite la communication et permet un meilleur accès aux services. Comme plusieurs usagers ne s’expriment pas toujours aisément en français, la communication écrite avec l’ATS peut s’avérer parfois difficile.»

Alors que la première année, il y avait seulement un poste où il était possible de communiquer par webcam à l’IRDPQ, deux autres sont disponibles depuis le Mois de mai dernier.

«Les postes sont principalement utilisés par une dizaine d’intervenants de l’Institut en contact avec les sourds, ajoute Mathieu Hotton. Le travail des audiologistes, orthophonistes, travailleurs sociaux, psychologues, éducateurs spécialisés et des membres du personnel de secrétariat est ainsi facilité. Un deuxième projet de recherche est sur le point de démarrer. On documentera l’implantation de cet outil de télécommunication pour sourds qui pallie fort bien les conversations, et ce, après un an d’utilisation. Contact facilité, fluidité et accessibilité; voilà qui résume bien ce nouveau service offert aux sourds

Exemples probants

Lyne Noiseux et l’interprète Marie Boulet pendant qu’il communiquait par webcam.

L’organisatrice communautaire de l’IRDPQ, Josée Tousignant, utilise régulièrement la webcam pour communiquer avec certains sourds. Pour celle-ci, cette technique a amené des résultats plus que positifs.
«La communication par webcam a complètement changé ma façon de travailler, a mentionné Josée Tousignant. J’ai à effectuer bien moins de déplacement qu’auparavant. Je crois de plus que je suis plus efficace au travail. Comme je suis en contact régulier avec des sourds engagés dans diverses associations, lesquels possèdent des ordinateurs, nous avons éliminé les courriels et les rencontres pour se parler par webcam

Les entendants qui connaissent la langue des signes québécois s’adaptent ainsi à la réalité des sourds.

«La webcam nous permet de contacter des gens qu’on ne connaissait pas auparavant. Cela favorise donc les rapprochements avec la clientèle. On élargit ainsi notre offre de services pour cette clientèle, ce qui n’est pas à négliger», de poursuivre l’organisatrice communautaire.

En compagnie de l’interprète Marie Boulet, on a pu assister à une démonstration de communication par webcam avec une sourde, Lyne Noiseux.

«C’est bien plus facile de communiquer de cette manière que d’écrire des phrases avec un téléscripteur, a laissé savoir Mme Noiseux. Je peux même communiquer avec plusieurs personnes en même temps. C’est aussi bon pour les analphabètes qui connaissent la langue des signes québécoise. Les contacts pour les réunions sont ainsi facilités au même titre que les échanges pour les personnes sourdes ayant besoin de services.»

Source
http://www.quebechebdo.com © 22 Juin 2010 à Canada
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