La main des sourds

Le langage des signes pas unifié à l’échelle du Royaume

L’emploi, très difficile à trouver, même pour les titulaires d’une formation

DIFFICILE l’intégration socioprofessionnelle des personnes sourdes! C’est ce qui ressort d’une rencontre organisée dernièrement par l’Association de sauvegarde et protection des sourds (ASPS) à Agadir. C’était à l’occasion du 35e anniversaire de la Journée des sourds dans le monde arabe.
Les membres de l’ONG n’ont pas mâché leurs mots quant au combat que mène la société civile en faveur des sourds. «Nous avons mis en place des formations professionnelles pour les bénéficiaires, mais pour trouver du travail pour les diplômés par la suite c’est presque une mission impossible», déplore Fatima El Aouni, membre de l’ASPS. Selon elle, la question qui revient souvent dans la bouche des dirigeants d’entreprises face à une demande d’emploi d’une personne sourde c’est «mais comment vais-je communiquer avec le concerné?» Et ce avant de répondre: «non il n’y a pas de place pour lui ici!».

Implication de l’Education nationale nécessaire

Cette situation la touche énormément à l’en émouvoir, car pour encadrer quotidiennement ses jeunes protégés, Fatima El Aouni sait bien que malgré l’handicap, une personne sourde comme tout autre peut-être très compétente. Mais tant que le langage des signes ne sera pas vulgarisé dans le milieu du travail, des freins continueront à s’opposer. Mais encore faut-il que le langage des signes soit unifié à l’échelle du Royaume. Pour l’heure, selon les représentants de l’ASPS, ce n’est pas le cas.

En invitant plusieurs représentants de différentes institutions dans la ville d’Agadir, ils tentent cependant de changer les choses. «Nous allons organiser des formations dans le langage des signes au profit des administrations et entreprises, mais auparavant il est question de les sensibiliser à la nécessité de la chose», explique El Aouni.

Les ambitions de l’ASPS sont bien plus grandes pour l’amélioration des conditions de formation des personnes sourdes. Pour cela une meilleure implication du département de l’Education nationale est nécessaire. «Jusqu’à présent il n’y a pas de programme national d’enseignement dédié aux sourds», est-il indiqué.

A ce sujet, les membres de l’ASPS, expliquent que ce sont des ouvrages de l’enseignement belge qu’ils utilisent pour alphabétiser leurs protégés. Ils ne sont pas peu fiers de dire que ces derniers réussissent par la suite avec brio l’examen final du primaire. «Mais leur parcours académique s’arrête par la force des choses en raison de l’absence d’un dispositif en leur faveur dans l’Education nationale et ils n’ont d’autres choix que d’intégrer un atelier de formation», souligne une encadrante. Les places dans les structures de formation mises en place par les ONG restent cependant limitées. A quand un véritable programme national en faveur des sourds?

Source http://www.agadirinou.com © 09 Juin 2010

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