L’ADSMQ: une oreille pour les malentendants

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L’association des devenus sourds et des malentendants du Québec (ADSMQ) a profité du mois de l’audition pour lancer son quatrième répertoire. Revue et corrigée, la nouvelle version inventorie 156 salles équipées d’un système d’aide à l’audition à travers la province. Entretien avec le président.

Comme son père est devenu malentendant à 45 ans, Michel Nadeau a connu une perte auditive bilatérale associée à l’hérédité. « J’ai perdu l’ouïe de manière progressive. Mais en 2000, bang ! J’ai complètement perdu l’utilisation de mon oreille gauche et 50 % de la droite. » Dès lors, il s’est inscrit à des cours de lecture labiale au centre Raymond Dewar, sur le Plateau Mont-Royal. « C’est là que j’ai réalisé que je lisais déjà sur les lèvres depuis longtemps. Instinctivement », lance le président du conseil d’administration de l’ADSMQ. Entre temps, il a passé les huit dernières années à donner beaucoup de temps et d’efforts pour la cause. « Nous voulons sortir les gens de l’isolement », avance-t-il, de sorte à résumer sommairement la mission de l’organisme. « Permettre aux malentendants de rester en société en augmentant leur qualité de vie… » À l’ADSMQ, les services sont multiples. « Nous invitons les membres à des pratiques de lecture labiales, à des tables rondes pour apprendre à mieux articuler et parfois même à pratiquer la langue des signes québécoise (LSQ), bien qu’elle soit plus populaire auprès de la culture sourde. Je donne même des conférences sur la malentendance auprès des clubs de la FADOQ. » Tout ça pour un minime membership de 20 $.

Le répertoire

Simple à utiliser, ce répertoire de 84 pages contenant 34 salles de plus que la dernière version de 2008 est la seule initiative de la sorte au monde. Du moins, c’est ce que M. Nadeau a noté en sortant d’une conférence sur la malentendance donnée en 2008 à Vancouver, où 38 pays étaient représentés.

Dotées principalement d’un système FM ou à infrarouge, ces salles permettent aux personnes malentendantes d’assister à diverses performances dans le confort. « Notre clientèle renferme 10 % de la population au Québec », de préciser M. Nadeau. Ce n’est pas une mince affaire

Sur 156 salles, 67 sont situées sur le territoire de l’île. Et depuis 2000, M. Nadeau dit ressentir une volonté de la part de la Ville, qui désire rendre accessibles de manière universelle ses diverses institutions. À Montréal, cinq salles de spectacles sont présentement en voie d’installer un système d’aide à l’audition. C’est le cas de l’église Jean-XXIII, dans le secteur Anjou. Mais, si l’on se fie la liste fournie par l’ADSMQ, huit institutions sous la gouverne de la Ville manquent toujours à l’appel.

Il s’agit entre autres de l’auditorium de la maison de la culture Mercier dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, de la salle Jean-Eudes dans Rosemont–La Petite-Patrie¬, de l’auditorium Le Prevost et la salle de diffusion de Parc-Extension dans Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, de la Chapelle historique du Bon-Pasteur et du Théâtre de Verdure dans Plateau–Mont-Royal.

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