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Hauts de Seine Habitat

Les jeunes sourds exposeront leurs photos au musée

Le 11 juin, leurs œuvres vont figurer au milieu des tableaux de l’exposition « les Duval Le Camus » programmée au musée des Avelines à Saint-Cloud. Huit élèves de l’externat médico-professionnel les Résonances, présentant des troubles auditifs participent en ce moment à un projet pédagogique initié par l’équipe du lieu culturel.

« Après avoir fait créer, par des enfants de maternelle, des objets d’art avec des jouets cassés l’an dernier, nous avons choisi la photographie et la symbolique du portrait », explique Estelle Guichard, chargée des publics. Il y a quelques jours, le passage des jeunes, âgés de 16 à 21 ans, a créé une belle animation dans les pièces de la maison Brunet. « Aujourd’hui, nous nous concentrons sur les portraits de groupe », précise Estelle.

Irfan fait admirer son maillot du Real Madrid

La joyeuse troupe s’arrête devant les peintures à l’huile de Pierre Duval Le Camus qui immortalisent des tranches de vie au XIXe siècle. Les membres du corps de garde en train de déguster une eau-de-vie donnent des idées. « Rappelez-vous le Banquet de Rembrandt, insiste Marie-Hélène Le Ny, la photographe qui initie les étudiants. Les scènes de groupe sont souvent liées à des repas. » Ni une ni deux, les apprentis descendent au salon de thé dans la rotonde du bâtiment blanc. Toujours partant, Thomas saisit l’instant où ses camarades trinquent un verre à la main. Irfan et Nordinne prennent le relais. « Ne restez pas au même endroit, encourage Marie-Hélène. Mettez-vous plus près. On n’est jamais assez proche de son sujet. »
Filles et garçons rivalisent d’une créativité qu’il faut parfois canaliser. « Il faut les occuper, car sinon ils risquent de se démotiver », remarque Marie-Hélène. Quand les paroles ne suffisent pas, Mireille et Alice, les deux éducatrices des Résonances, emploient le langage des signes. Chacun a apporté un objet qui le caractérise pour cette troisième séance de travail sur les huit prévues. Jihane se réfugie derrière son parapluie, Irfan fait admirer son maillot du Real Madrid, Hawa passe derrière l’objectif pour capter la complicité de Selma et Tiphanie. Le téléphone portable rallie tous les suffrages et sert de fil conducteur à l’un des clichés de l’après-midi. « C’est drôle de les voir écouter alors qu’ils l’utilisent plutôt pour envoyer des textos », sourit Estelle Guichard. Dans trois semaines, les huit compères exposeront leurs images au milieu des cadres des « Duval Le Camus ». Les nouveaux créateurs auront même droit à leur vernissage.

Source : http://www.leparisien.fr © 18 Mai 2010 à Paris

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