Le Centre de formation à la langue des signes a organisé sa journée de prévention sur la surdité

Le Centre de formation à la langue des signes (CFLS), association lilloise, a organisé, mercredi à la salle Carnot, …

Benoît Drion, responsable de l'accueil des personnes sourdes à l'hôpital Saint-Philibert, a animé la journée.

une journée de conférences sur le thème de l’accès aux soins pour les personnes sourdes. Ces conférences étaient animées,entre autres, par le docteur Benoît Drion, responsable de l’accueil des personnes sourdes à l’hôpital Saint-Philibert et Jean-Pierre Dupont, responsable de la communication du CFLS et sourd lui-même. Ils nous ont aidés à répondre à quelques questions sur la maladie et la langue des signes française (LSF).

> Les pouvoirs publics et la surdité.

Paradoxalement, ces derniers n’ont cherché des solutions à ce problème qu’à partir de la fin des années 1980. Benoît Drion nous explique que le déclic est venu du professeur Jean Vagron, quand il s’est rendu compte que les sourds ne comprenaient pas et n’étaient pas au courant de maladies graves tel que le VIH ou le diabète. Ils se sont alors rendus compte de la nécessité de démocratiser l’accès aux soins pour les non-entendants.

> L’accès aux soins des sourds.

Oui et non. Certes, il existe désormais douze unités d’accueil en langue des signes (dont une dans le Nord – Pas-de-Calais, à l’hôpital Saint-Philibert), qui permet à la personne sourde de faire appel à un interprète pour un rendez-vous chez n’importe lequel des médecins, qu’il soit généraliste, psychologue ou bien encore ergothérapeute. Jean-Pierre Dupont souligne l’inconvénient majeur de ce système, qui « certes facilite les soins mais efface toute confidentialité ». Comment pouvoir se confier totalement à un médecin quand on doit également faire part de ses problèmes à un tiers ? Là est le problème majeur… > Dialogue avec un sourd.

Peu de gens le savent mais, naturellement, un sourd peut parler oralement et peut comprendre partiellement ce que dit son interlocuteur. Cette solution n’est évidemment pas la meilleure car les deux parties ne comprennent pas précisément l’autre. Le plus simple, théoriquement, reste alors la LSF qui ne peut être assimilée complètement que si elle est apprise jeune, dèsl’âge de quatre ans. « Car un sourd ne doit pas agir comme un entendant, car il s’habituerait à ne rien comprendre » nous explique Benoît Drieu. Le point suivant nous explique pourquoi la simplicité de la langue des signes est très relative.

> Le nombre d’interprètes.

Il y a une nette insuffisance de traducteurs de la LSF. Rappelons que dans la région, 12 000 personnes sont atteintes de surdité, alors qu’il y a en tout et pour tout… 10 interprètes ! Comment un suivi personnel de chaque patient est-il envisageable ? Jean-Pierre Dupont nous confie toutes les difficultés rencontrées pour obtenir un traducteur : « Pour cette journée de conférence, événement annuel, l’association a réservé un interprète dès janvier, soit quatre mois à l’avance. L’accord était conclu pour cette journée… jusqu’à ce que je reçoive un mail ce matin, m’informant que cette personne était souffrante et ne pourrait être remplacée… » La majorité des activités prévues pour sensibiliser les étudiants présents a donc dû être annulée… 

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 14 Mai 2010 à Lille

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