La main des sourds

La langue des signes fait son entrée au lycée

À La Flèche (Sarthe), les élèves de seconde tertiaire administrative apprennent la langue des signes. Une initiative rare, qui leur offre un vrai moyen de se démarquer.

La seconde tertiaire administrative du lycée Estournelles-de-Constant/Ampère en plein cours de langue des signes. Pas toujours facile de tenir sa langue et de parler avec les mains !

Tous les quinze jours, les vingt-quatre élèves de la seconde professionnelle tertiaire administrative du lycée fléchois Estournelles-de-Constant/Ampère assistent, en demi-groupe, à un cours un peu particulier. Un cours donné par un prof sourd et dans lequel on parle… avec les mains. Un cours où l’on apprend la LSF (langue des signes française).

« C’est un module qui est entièrement intégré à leur cursus, en plus des enseignements traditionnels, souligne Sylvain Cureau, prof principal de la classe, à l’origine du projet. Ils le suivront pendant trois ans, jusqu’au bac, à raison de trente heures par an. » Objectif : obtenir le niveau 2 ou 3 de LSF (le maximum est 6). Depuis cette année, les élèves des lycées pro peuvent également présenter l’option au bac (lire ci-dessous).

Un plus pour les métiers d’accueil

Encore peu répandu dans l’Éducation nationale, et encore moins en lycée professionnel, l’enseignement de la LSF offre à ces élèves une véritable occasion de se démarquer. « Pour ces jeunes qui se destinent à des métiers d’accueil en entreprise ou en administration, ce sera un plus sur leur CV », affirme Sylvain Cureau. « C’est aussi une manière de valoriser cette filière, renchérit Jean-Marc Boigné, proviseur adjoint en charge du pôle professionnel. Ça motive les élèves et ça plaît aux parents ! »

À tel point que la particularité de cette classe fait des jaloux : « Au départ, les gens regardaient ça de loin, se rappelle Jean-Marc Boigné, maintenant, on nous demande pourquoi on ne le fait pas en filière générale ! » La demande pour des ateliers d’initiation ouverts à tous devient même une réalité. « L’idéal serait qu’un prof suive la formation afin de créer une dynamique dans l’établissement. Et qu’il puisse enseigner à son tour, voire accueillir en classe des élèves sourds », rêve Sylvain Cureau.

Alors, bientôt davantage de LSF au lycée fléchois ? Pas si sûr, car un problème majeur se pose : les cours, dispensés par un intervenant du centre Charlotte-Blouin (Angers) coûtent cher. Très cher. Environ 5 000 € l’année. Sachant que, dans trois ans, les trois niveaux suivront l’enseignement, de la seconde à la terminale, la facture pourrait s’élever à 15 000 €.

« Pour l’instant, il s’agit d’une initiative autofinancée, souligne Jean-Marc Boigné, mais on ne désespère pas d’avoir peut-être quelques aides à l’avenir. » Le moindre signe sera le bienvenu.

Source : http://www.ouest-france.fr © 30 Mars 2010 à À La Flèche

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