Une journée pour s’entendre

0

Depuis quatre ans, l’AVPADA décline la journée de l’Audition. Et de ceux qui en sont privés. Pour s’entendre et se comprendre.

« Beaucoup de parents accueillent la nouvelle comme un drame. Dans tous les témoignages, soit le docteur n’a pas trouvé les bons mots, soit les conditions étaient affreuses… Mais je crois au final qu’il n’y a pas un moyen de l’apprendre correctement. » Parole de maman. Ces moments douloureux, la présidente de l’AVPADA (Association vosgienne de parents et amis de personnes atteintes de déficience auditive) Béatrice Secret et son mari les ont vécus, comme tous les autres parents qui ont découvert que leur enfant souffrait d’une déficience auditive.

« Après une première phase de « digestion », arrive le temps de l’action, pour essayer de changer les choses », note Béatrice Secret qui, sur les conseils de son médecin ORL, a assisté à la réunion d’une association nancéienne de parents d’enfants atteints de déficience auditive. « J’y ai rencontré des parents qui arrivaient à vivre et des enfants à grandir. Et c’est vraiment un réconfort énorme, on ne se sent plus seul, on échange des informations… »

De fil en aiguille, Béatrice Secret a intégré l’AVPADA, s’est imprégnée de l’expérience d’autres parents et a fait la connaissance de celle à laquelle elle devait succéder à la tête de l’association vosgienne, Agnès Mougel, « une bibliothèque à elle toute seule ».

Mais partager avec d’autres parents et enfants est une chose, se former à la LPC (langue française parlée complétée) ou à la langue des signes (et non plus langage) et amener la société à changer son regard sur le handicap, ce regard encore trop souvent alimenté par la peur de l’inconnu, en est une autre. Question de méthode, lance Béatrice Secret qui, via l’AVPADA et sa trentaine d’adhérents, a décidé d’agir. En déclinant par exemple depuis quatre ans, à l’échelle locale, la journée de l’Audition. « Et ce deux qui en sont privés », complète-t-elle.

Sous forme de conférences les années précédentes, la manifestation comprendra cette année non seulement l’intervention d’un médecin spécialiste ORL (avec un interprète en langue française des signes), mais aussi un spectacle bilingue (français et LSF) produit par l’IVT (International Visual Theatre), une pièce signée Jean-Yves Augros, « Ma Parole ».

Ces deux rendez-vous seront suivies d’un débat, toujours en présence un interprète LSF.

Ce débat, s’il devait dresser la liste exhaustive de tout ce qu’il reste à faire pour intégrer les enfants déficients auditifs et plus généralement tous les malentendants, serait infini. Ce combat, l’AVPADA le mène pourtant à son échelle, en accueillant et informant les parents, mais aussi en favorisant l’intégration des enfants handicapés dans le milieu scolaire. Bien sûr il y a la loi de 2005, qui, dans les textes, offre aux parents le choix pour leur enfant entre une institution spécialisée ou un dispositif au sein de l’Education nationale. Dans les textes. Mais dans la réalité, « à quand une véritable application de la loi de 2005 ? » interroge Béatrice Secret qui aimerait tant pouvoir changer de refrain. Un jour peut-être… Mais pas tout de suite quand on constate qu’à l’heure actuelle seule l’école Paul-Emile-Victor d’Epinal propose une CLIS et qu’aucun collège vosgien ne dispose d’unité pédagogique d’inclusion (prolongement logique de la CLIS). Dans les lycées Saint-Joseph d’Epinal et Jeanne-D’Arc de Remiremont il existe bien des cours de langue des signes, comme à l’Enstib d’Epinal à l’initiative des étudiants (lire ci-dessous) mais les initiatives du genre sont encore trop rares.

Source : http://www.vosgesmatin.fr © 07 Mars 2010 à Epinal

Écrire un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.