La main des sourds

Via : des interprètes diplômés pour tous…

Ils ne sont que 11 interprètes diplômés de la langue des signes dans la région, trois d’entre eux sont basés à Roubaix et exercent pour la Scop Via. Rencontre avec Frédéric Poivre.

Frédéric Poivre, fondateur associé de VIA, est l'un des trois interprètes diplômés de la Scop.

L’Hexagone manque cruellement d’interprètes diplômés en langue des signes. Ils seraient près de 300, dont 11 dans la région. Une pécadille… Pourtant, les besoins sont immenses et la PCH (lire encadré) permet une prise en charge lorsque la personne sourde ou malentendante sollicite les services d’un interprète professionnel. « Heureusement, les mentalités évoluent, commente Frédéric Poivre, interprète diplômé.
Les gens comprennent de plus en plus que la traduction est utile à tous, que l’entendant en a autant besoin que le malentendant… » C’est pourquoi, collectivités territoriales, organismes et entreprises font appel à Via, la Scop (société coopérative de production) créée en 2004.

« Des mairies font appel à nous par exemple lors de la cérémonie des voeux, avance Frédéric Poivre. Jeudi, la ville de Lambersart nous demande de traduire une conférence donnée par Catherine Dolto. Des entreprises ont besoin de nous lors des CE… » Via a également noué un partenariat avec le Pôle Emploi « pour assister aux réunions des employés sourds y travaillent ».
Depuis 2005, la Scop a également rejoint le réseau de visio-interprétation. « Nous prenons régulièrement des permanences. Le principe est simple : nous restons connectés afin de traduire à tout moment un échange entre un usager et un agent de la Caf, d’une mairie ou d’une Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). »
1 à 1,5 mois de délai
Et puis, il y a tous les particuliers qui ont besoin d’être accompagnés lors d’un rendez-vous avec un banquier, un notaire, un médecin… « Nos plannings se remplissent très vite, constate Frédéric Poivre. Actuellement, il existe un délai d’un mois à un mois et demi. » Une situation généralisée partout en France selon le fondateur de Via. « Car il manque d’interprètes diplômés. Il y a bien des bénévoles qui rendent service mais leurs traductions ne sont pas toujours fiables. Si Pénélope Houwenaghel et moi-même avons créé une société, et non une association, c’est bien pour insister sur l’aspect professionnel de nos interventions. » Le salarié-gérant souligne qu’une formation diplômante est pourtant dispensée à Lille 3. Une information qui raisonne comme une invitation…

Source : http://www.nordeclair.fr © 02 Mars 2010 à Roubaix

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