Joël Chevalier porte la voix des malentendants

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Agent technique à la voirie de Lambézellec, Joël Chevalier est secrétaire de l’Amicale des Sourds du Finistère. Un engagement citoyen pour offrir une plus grande reconnaissance aux sourds et malentendants.

C’est une idée de David Roignant, collègue de travail de Joël Chevalier et membre du comité de Tandem. “Je me suis dit que ça serait bien qu’on parle de cette association qui bouge bien. Il faut mettre en avant ces personnes actives dans les associations”. Et justement, Joël Chevalier ne compte pas son temps pour s’investir dans une cause qui lui tient à cœur depuis plus de 30 ans : aider les déficients auditifs au sein de l’Amicale des Sourds du Finistère (ASF). Une association fondée en 1972 par Paul Burckel afin d’encourager la rencontre des sourds et des entendants.
Organiser différentes activités pour les membres de l’ASF (randonnées, banquets, conférences, café des signes, jeux de société, stage de contes) constitue l’un des axes forts de l’association. Mais pas seulement. Il y a un gros travail de fait (et à faire) au niveau de l’accessibilité de certaines structures et animations pour les malentendants. Deux actions ont déjà été menées à bien : une convention avec Océanopolis pour installer des guides en langue des signes à destination des visiteurs sourds ; un partenariat avec l’association Côte Ouest pour l’interprétation, en langue des signes, de courts-métrages pendant le festival du film court de Brest.
Comptant une centaine d’adhérents, l’ASF peut aussi s’appuyer sur un “réseau de travail dans le département”. Soit cinq associations qui mettent leurs énergies en commun pour une meilleure prise en charge des déficients auditifs.  “Il y a entre 300 et 400 sourds dans le Finistère, sans compter les personnes isolées”, indique Joël Chevalier.

La surdité peut constituer un frein pour la vie professionnelle. Lui-même déficient auditif, Joël Chevalier connaît bien ce problème. “Il faut me parler fort, parfois je ne comprends pas ce que l’on me dit”. Mais dans l’équipe de voirie de Lambézellec, la solidarité n’est pas un vain mot.  “Tout le monde est placé sur le même plan, souligne David Roignant. Et avec l’expérience du travail en commun, on n’a plus trop besoin de parler fort. On sait ce que Joël va faire et lui sait ce qu’il doit faire”.Toujours investi dans son association, Joël Chevalier aimerait instaurer une collaboration avec les structures de quartiers. “Afin de trouver des salles pour nos différentes activités”. Tout en souhaitant, d’une manière plus générale,  “que la langue des signes soit mieux reconnue depuis la loi handicap de 2005. Il faut que les gens et les institutions prennent mieux en compte nos attentes. Et que l’on montre que nous sommes bien présents”.

Source : Journal personnel BMO © Mars 2010 à Brest

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